L’interpellation du général Piquemal à Calais fait réagir les réseaux sociaux (beaucoup) et quelques politiques, du FN et des Républicains.

L’aventure de ce respectable général jette une lumière crue sur le « deux poids, deux mesures » auquel l’État nous a déjà bien habitués. Que vous soyez de la Manif pour Tous ou Zadiste à Notre-Dame des Landes, que vous soyez membre des no Borders ou général septuagénaire, vous ne serez pas traités de la même façon.

Qu’on se le dise : l’État français n’a plus de forces structurées et de courage que pour entretenir son rapport du fort au faible. Militants violents, mafieux de Marseille ou de Villeurbanne, gens du voyage qui enflammez gares et autoroutes, vous ne craignez rien.

L’aventure du général Piquemal amène une autre réflexion. Combien d’anciens généraux, du cadre de réserve comme on dit pudiquement, pensent comme lui ? Combien agissent comme lui ? Lui-même, pourquoi a-t-il tant attendu avant d’agir ? Les généraux en retraite de l’Armée française sont des cas à part. Toute leur carrière, ils ont préparé leur nomination en conseil des ministres. Qu’ils soient « quart de place » ou plus étoilés, ils ont couvert de leur autorité et de leur silence le dépeçage de l’armée française, de ses moyens, de son moral et même de certaines de ses plus anciennes traditions.

Comme pour les autres administrations régaliennes, le Léviathan bureaucratique a acheté le droit d’appauvrir avec les avantages donnés aux chefs, ici les généraux, dont le train de vie n’a jamais été à plaindre, surtout comparé à leur efficacité réelle dans un dispositif d’armée mexicaine. Sans compter les postes à représentation stérile, auprès des yankees de l’OTAN ou ailleurs.

Ces généraux se souviennent-ils de leur idéal de jeunesse, celui qui les a fait rentrer à Saint-Cyr ou dans les autres grandes écoles militaires ? Se souviennent-ils à quoi ils ont renoncé, ceux qui s’affichaient en privé « catholiques et Français toujours » ou les plus simples patriotes ?

Alors que la situation n’a jamais été aussi grave, ni aussi simple à comprendre, combien d’entre eux sortent du bois pour aller reconquérir, dans le combat du simple citoyen, l’honneur perdu sous l’uniforme ? Les généraux français, combien de divisions ?

À cette heure, il s’est trouvé le général Tauzin pour défendre son camarade Piquemal. Où sont les autres ? Faut-il faire l’Ecole de Guerre pour savoir que ce n’est pas en sortant l’un après l’autre de la tranchée, en ordre dispersé et sans soutien, qu’on enfoncera le dispositif ennemi ?

Il est bien temps d’un autre appel, qui résonnera comme un écho à celui que les Saint-cyriens connaissent par cœur : à genoux les généraux, debout les hommes !

8 février 2016

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