Editoriaux - International - Médias - Santé - Supplément - 29 juillet 2015

À Gênes, c’est sieste obligatoire !

Pour combattre les effets de la canicule, qui a déjà fait une centaine de morts en Italie, la mairie de Gênes a proposé cette semaine d’adopter un dispositif original (peut-être inspiré de quelques administrations françaises) : rendre la sieste obligatoire de midi à dix-sept heures.

Mais pas pour tout le monde, hélas… Il s’agit seulement de protéger le troisième âge, les femmes de plus de 65 ans représentant plus de 54 % de la population de la région de la Ligurie. C’est quand même terrible, cette Europe où l’on voit plus de tombeaux ouverts que de berceaux dressés !

Il s’agirait donc d’instaurer la fermeture des magasins et des bureaux de l’administration publique durant les heures les plus chaudes de la journée. Rien que ça ! Les températures proches de quarante degrés et le taux d’humidité particulièrement élevé ont des répercussions négatives sur la santé des personnes âgées. Il faut donc les obliger à ne pas sortir pendant la journée”, a expliqué le responsable de l’unité de crise du centre régional de vigilance météo italien aux membres du conseil municipal génois. Il a ajouté que les personnes âgées ne respectent pas les conseils “anti-coups de chaleur”» diffusés par les médias et les centres médicaux : “De nombreuses personnes âgées sortent faire leurs courses durant les heures les plus chaudes pour combattre l’ennui, la solitude ou tout simplement pour profiter de la climatisation dans les supérettes et les magasins.”

Ah les salauds de vieux ! L’idée de la sieste obligatoire a, paraît-il, séduit les élus municipaux, mais a suscité la colère des commerçants. Pour les fonctionnaires, on sait pas (devoir de réserve, probablement), mais s’il faut qu’ils restent au boulot jusqu’à 22 heures pour compenser, il y a peu de chances qu’on entende sauter les bouchons de spumante dans les perceptions ou au service des phares et balises. Pour l’heure, la mairie semble faire marche arrière devant la bronca des boutiquiers, déjà bien secoués par la crise. Elle calcule sans doute le nombre d’électeurs à perdre de part et d’autre…

Il y aurait pourtant une solution bien simple : équiper les plus de 65 ans de bracelets électroniques qui délivreraient une décharge électrique à ceux qui sortiraient en dehors des heures autorisées ! Avantage supplémentaire : on pourrait remettre le système en marche par temps de neige, verglas ou grand vent… C’est que c’est fragile, un col du fémur !

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