François Hollande, de plus en plus microscopique dans les , de plus en plus inexistant dans un pays à feu et à sang, de plus en plus insignifiant dans le gouvernement, se promène, vêtu de sa fonction présidentielle comme une toge immense, flottante, si embarrassante qu’il la laisse traîner dans le caniveau et s’y prend les pieds.

Et c’est normal. Car depuis dimanche soir, on sait qu’en réalité, tout au fond de son cœur, il aurait rêvé de la troquer contre un maillot de . Invité de l’émission sportive dominicale « L’Œil du tigre » de , il a a avoué sa vocation manquée : « Incollable sur le football club de Rouen, le chef de l’État se rêvait, enfant, dans l’équipe normande. » Mais, à l’adolescence, force est pour lui de constater qu’il n’est « pas vraiment doué pour le football », il a dû se résigner. Tant pis, il ne sera QUE président de la République. Mais selon lui, ce n’est pas très différent : « Je suis obligé de jouer à tous les postes. Des fois en , des fois je suis à l’attaque, parfois je fais circuler le ballon. »

Et, le plus souvent, je suis sur la touche, pourrait-il ajouter.

On connaît l’uchronie qui a rendu célèbre l’écrivain Éric-Emmanuel Schmitt : La Part de l’autre. L’auteur imagine notre destin si Adolf Hitler, dans sa jeunesse, n’avait pas été recalé à l’école des beaux-arts de Vienne. Mais que serait-il donc advenu, je vous le demande, si François Hollande avait percé dans le football ? Rien. Inutile, cette fois, d’en faire un roman. La face du monde n’en aurait pas été changée. Un autre socialiste, tout aussi mauvais, l’aurait remplacé. C’est au moins une consolation.

Bien sûr, comme le notait Le Huffington Post il y a quelques jours, François Hollande, en termes de popularité, mise tout sur le ballon rond. « Il rêve d’un destin à la Jacques Chirac à l’issue de l’Euro. » En 1998, entre juin et août, « tous les instituts de avaient enregistré une folle augmentation de la cote d’amour du président de la République ». Mais le contexte est légèrement différent… et cette prestation sur France Inter, sans doute prévue depuis bien longtemps, mais tombant, eu égard aux événements, pour le moins à contre-temps, sonne comme une candide provocation.

Le pays est noyé sous des pluies diluviennes, paralysé par les grèves, tétanisé par le , François Hollande n’exprime d’émotion que pour sa dérisoire passion. Le Figaro loue même (sans rire) sa « saisissante culture sportive »… À Mitterrand, Tolstoï et Dostoïevski, à Hollande, les albums Panini.

« Je voudrais tellement être Messi », a-t-il, sur France Inter, lâché dans un souffle. C’est vrai qu’en l’élisant, certains, bien naïfs, attendaient le messie. Les pieds dans la flotte, en rade sur le quai de la gare, l’œil angoissé louchant sur les colis suspects, ils n’ont trouvé que Benzema : il voulait tellement jouer et il n’a pas été sélectionné !

La semaine prochaine, on l’attend sûrement sur Gulli pour parler dessins animés – lui, ce qu’il adorait tout gamin, c’est Tex Avery et “Bonne nuit les petits” – ou sur RMC, pour deviser avec Brigitte Lahaye de sa sexualité – non, pas de commentaires moches, ce serait trop fastoche.

6 juin 2016

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Vous pouvez désormais commenter directement sur Boulevard Voltaire :

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.