Editoriaux - Histoire - Souvenir 14-18 - 8 août 2014

9 août : les Allemands contre-attaquent à Mulhouse

En ce matin du dimanche 9 août, la 28e brigade (35e et 42e régiments d’infanterie) est rassemblée, avec le 1er groupe du 47e régiment d’artillerie, face au nord, sur le plateau de Riedisheim à l’est de Mulhouse. Quant à la 114e brigade (notamment composée du 372e RI), elle se retranche au nord de Dornach (aujourd’hui un quartier de Mulhouse). Deux bataillons des 117e et 172e régiments d’infanterie sont en réserve à Galfingen (au sud-ouest de Mulhouse).

Du côté ennemi, un train blindé de huit wagons fait la navette entre Müllheim et l’île Napoléon, où il amène, à chaque voyage, des unités d’infanterie. Mais les artilleurs français ne parviennent pas à l’atteindre. Le XIVe corps allemand achève sa concentration à Neuenberg, sur la rive droite du Rhin.

Dans les journaux nationaux, on se contente de reprendre les communiqués officiels pour éviter la censure qui commence à sévir. Il faut soutenir le moral des troupes et aussi celui de ceux qui sont restés à l’arrière. « Nos troupes se sont emparées des cols de Sainte-Marie-aux-Mines et du Bonhomme. Elles occupent les crêtes des Vosges », annonce L’Action française. « L’action paraît engagée sur toute la frontière de Belfort à Longwy », titre plus sobrement Le Gaulois.

Vers cinq heures du soir, l’action générale s’engage à Mulhouse. À la nuit tombante, la bataille fait rage. Le XIVe corps et une division du XVe corps allemands mènent une double attaque : leurs troupes surgissent de la forêt de la Hardt, et descendent par Neuf-Brisach, Colmar et Soultz-sur-Cernay.

Les troupes françaises doivent bientôt se replier. Vainement, les 35e et 42e RI font des prodiges, refoulant à plusieurs reprises les Allemands sur Rixheim et l’île Napoléon. Mais la 41e division subit un bombardement par obusiers à Lutterbach et doit, elle aussi, battre en retraite. Le 15e bataillon de chasseurs évacue bientôt Cernay. Toutes ces unités refluent par la route de Bussang, vers 8 heures du soir. Mulhouse va retomber dans les mains allemandes.

Ce 9 août voit aussi la nomination du nouveau préfet de Meurthe-et-Moselle, Léon Mirman. Tout un symbole. Léon Mirman, professeur de mathématiques, a été élu, en 1893, à 28 ans, député de la Marne. Il n’a pas effectué son service militaire, ayant bénéficié d’une dispense totale conformément aux lois de 1872, 1889 et 1913. Mirman s’était engagé, en contrepartie de cette dispense, à enseigner pendant dix ans dans l’Instruction publique. Malgré cela, son élection à la Chambre est validée. Mais le ministre de la Guerre, le général Auguste Mercier (1833-1921), ne l’oublie pas. Le 30 octobre 1894, il annonce l’incorporation de Léon Mirman à compter du 16 novembre suivant. Pour l’armée, l’engagement de dix ans qui devait prendre fin en janvier 1895 n’est pas rempli puisque Léon Mirman a été élu député et n’enseigne plus. Il doit donc, malgré son statut de parlementaire, se rendre sous les drapeaux. Une longue et houleuse discussion entre la Chambre des députés, le ministère de la Guerre et Léon Mirman s’engage.

Mirman est finalement incorporé à la date convenue au 29e bataillon de chasseurs à Vincennes, sous les ordres du capitaine Philippe Pétain. Finalement, il ne fait qu’à peine un an de service. Il est “mis en congé” le 9 octobre 1895.

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