Le 8 mai 1945, l’Algérie entière fêtait la fin des hostilités et la victoire des Alliés.

Ne perdons jamais de vue qu’à cette date, c’est de Gaulle qui détient le pouvoir en France, et que le gouvernement mis en place par ses soins est un gouvernement d’obédience communiste. Qu’Alger, Oran et d’autres grandes villes se sont donné des municipalités de gauche, voire communistes comme à Sétif. Et que les partis socialiste et communiste d’Algérie sont majoritaires à l’Assemblée nationale française.

Les partis nationalistes algériens appellent à manifester ce même jour.
Ce 8 mai, la politique est autorisée par les autorités françaises, à la condition qu’il n’y ait ni armes ni algérien.

La se dirige donc vers le centre-ville de Sétif. Un meneur déploie le algérien. Un coup de feu part et le jeune Algérien est tué. Qui a tiré ? Un policier débordé, un membre d’un parti opposé ? Tout comme pour la rue d’Isly, 17 ans plus tard, on ne saura jamais (officiellement) qui a tiré.

Aussitôt, à la suite des meneurs, c’est la ruée vers le centre-ville où les émeutiers, hurlant des slogans meurtriers « Tuez les chrétiens, tuez les juifs, tuez tous les non-croyants », massacrent tout ce qu’ils rencontrent, enfants, femmes, vieillards, qui participaient à l’allégresse générale du retour à la paix. 28 Européens sont ainsi assassinés immédiatement.

Qui sont les premières victimes ? La petite Arlette Nakache, 9 ans, Gaston Gourlier, régisseur municipal du marché aux bestiaux, le maire de Sétif, M. Reluca, tué par balle, M. Denis, membre du Parti communiste, qui tentait de s’interposer et est abattu par l’un des meneurs qui s’acharne sur lui et lui tranche les deux mains, Louis Clarisse, etc. ? Peu importe, ce sera un carnage.

Le chiffre officiel, qui sera confirmé plus tard par la commission Tubert, est de 102 morts et 110 blessés.

Le sous-préfet Achiary, un résistant, reçoit les ordres du général de Gaulle, chef du gouvernement provisoire de l’État français, d’intervenir par la force. Il fait tirer sur la foule et le cortège se disloque, faisant un et six blessés. Achiary fait également arrêter 2.500 manifestants qui seront jugés sommairement par des tribunaux d’exception similaires à ceux qui fonctionnent en France métropolitaine. Plusieurs dizaines d'entre eux seront condamnés à mort.

Ordre est donné à l’armée, sous la direction du général Duval, d’intervenir. La répression est d’une très grande violence : deux mois de folie meurtrière. Elle ne sévit que dans les territoires où des Européens ont été attaqués, menacés, blessés, violés ou tués. On comptabilise environ 2.500 morts (ce chiffre est calculé d’après la consultation des listes du ravitaillement et des listes électorales des consultations de 1945 et 1946).

Devant les atrocités commises, la française prononce 172 condamnations à mort, dont 38 par contumace (il n’y aura "que" 34 exécutions).

En mars 1946, une amnistie totale libère ces assassins. Nombreux sont ceux qui referont surface entre 1954 et après 1962.

Le général Duval, commandant les troupes de la répression, dira : "Je vous ai donné la paix pour dix ans, mais il ne faut pas se leurrer, elle ne se maintiendra qu’avec de sérieuses réformes."

Il ne se sera trompé que d’une année.

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9 mai 2014

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