Stupeurs et tremblements à l’école élémentaire de Vaudoy-en-Brie !

Tout le monde est à bout. Brimades, insultes, coups et blessures s’enchaînent régulièrement depuis le mois de septembre. « Il prend les affaires des autres et les jette », rapporte un élève. « Il m’a attrapé la tête et me l’a cognée sur la table », ajoute un autre.

Et cette violence n’épargne personne, pas même les adultes, qui sont les plus gâtés. Une surveillante reçoit des chaises à la figure ; un enseignant se retrouve le nez en sang après un coup de poing. Dernier fait d’armes : la sortie scolaire de ce lundi qui a vu l’agression physique de la directrice et de deux institutrices, dont l’une demeure en arrêt maladie.

Alors il fallait bien qu’arrive la fronde ! Ce jeudi, les parents ont bloqué l’école tandis que les instituteurs ont exercé leur droit de réserve. « Notre action n’est pas dirigée contre l’enfant. On aimerait l’aider. On a rencontré sa mère mercredi, et c’est avec sa mère que l’on agit, car tout le monde à l’école est en détresse », explique une mère au Parisien. L’octroi d’un auxiliaire de vie ou un instituteur supplémentaire a été réclamé afin de contenir l’agitateur.

Mais quelle créature a bien pu causer tant de dégâts et de détresse impuissante ? Le typhon Haiyan, lassé de sa condition, aurait-il décidé de revenir sous forme humaine ? Pour que tout le monde se retrouve, pendant des mois, à mâchouiller sa peur en attendant le châtiment, ce doit être un sacré morceau !

Eh bien, je vais vous le dire ! Notre agitateur a 8 ans et peut-être encore quelques dents de lait dans sa bouche insolente.

8 ans et déjà plus de faits de gloire qu’un homme ordinaire à la fin de sa vie. 8 ans et un passif à vous envoyer à Fleury-Mérogis (mais plus pour longtemps, vous le savez bien !). Mais surtout, 8 ans et plus d’autorité que les adultes qui l’entourent.

Rassurez-moi.. C’est un concours ? Un pari stupide ? Un terrible malentendu ? De l’art conceptuel mal compris ? Un projet de farce ou de comédie ? Il aura fallu des mois pour réagir. Faut pas vous presser, pauv’ gens ! Vous risqueriez de vous rompre un ligament ! Attend-on qu’un gamin se suicide comme la jeune Marion, qu’un autre finisse borgne ou asphyxiée comme la petite Noélanie ? Attend-on l’arrivée d’un drame et des pompiers dans la cour de récréation ? Qu’attend-on au juste ?

Ce garçon, qui n’est pas vraiment l’idée que l’on se fait d’un élève paisible, mérite sans doute de l’aide et un solide accompagnement, autant que les adultes responsables méritent le blâme et le poteau. Car il faut aujourd’hui, pour laisser ses enfants à l’école, avoir envers les institutions une confiance qui force l’admiration ; et il n’est pas impossible qu’une certaine passivité nous ait menés près du précipice.

Ces dernières années, d’innombrables faits divers nous laissent juger du gouffre qu’est devenu l’école, où la violence côtoie l’impuissance résignée.

Sans doute a-t-on fait un jour l’erreur de remplacer le terme d’Instruction Publique par celui d’Éducation Nationale, instillant aux esprits de tous l’idée que l’école avait vocation à éduquer les enfants. Sans doute manque-t-on de solutions véritables et d’autorité bienveillante à l’égard de ceux dont la jeunesse en réclame. Sans doute est-on frileux de renier les dogmes égalitaristes et admettre qu’il faut autant d’écoles qu’il y a d’individus, autant de solutions qu’il y a de cas particuliers.

À l’heure où je vous écris, l’inspection d’académie est passée, la contestation a cessé et un instituteur supplémentaire a été provisoirement obtenu. On lui souhaite bonne chance. Voilà ce qu’est l’art moderne de trouver des solutions : on dépêche un homme de plus dans la tourmente au lieu d’essayer d’en sortir tout le monde.

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