L’ordre d’offensive contre les positions allemandes qui se sont massées le long de la rive droite du Rhin est donné le 6 août, pour une attaque le lendemain. En cette journée du 7 août, l’état-major français souhaite plus que jamais rejeter en arrière les “Prussiens” pour se rendre maître des ponts du Rhin. Pour cela, il lui faut prendre la plaine d’Alsace pour s’assurer un débouché sur un large front des Vosges. L’idée de manœuvre est d’entrer en Alsace par le sud, de rejoindre Colmar et Schlestadt (Sélestat) au plus vite, puis de détruire les ponts du Rhin et de sécuriser Neuf-Brisach. L’objectif final est de garder la Haute-Alsace et d’investir .

Mais l’autorité militaire française sait qu’elle a un adversaire de taille face à elle : la 7e armée allemande composée des XIIIe, XIVe et XVe corps d’armée (CA). Ce dernier est commandé par le général von Deimling, fameux « mangeur d’Alsaciens ». Le terrain lui est familier.

Un détachement est organisé et placé sous les ordres du général Louis Bonneau. Ce détachement, fort de 19.000 hommes, comprend le VIIe CA, la 8e division de cavalerie, une brigade d’infanterie et une batterie attelée de canons courts de 155 mm, empruntées à la garnison de Belfort. La brigade d’infanterie est formée de deux régiments de réserve (les 371e et 372e régiments d’infanterie) et complétée par un bataillon issu de leurs deux régiments d’active : les 171e et 172e RI.

Le 7 août au matin, trois larges colonnes font mouvement vers l’ennemi en direction de Mulhouse :
– au sud, la 27e brigade d’infanterie appuyée par une partie du 47e régiment d’artillerie (47e RA) et le 8e régiment de dragons s’engage sur une ligne Belfort-Altkirch ;
– au centre, la 14e division d’infanterie (42e et 35e RI), appuyée par les unités restantes du 47e RA, marche sur Mulhouse en passant par Cernay ;
– au nord, la 41e division d’infanterie (23e, 152e 373e RI auxquels s’ajoutent le 15e bataillon de chasseurs), commandée par le général Superbie, se porte sur Thann et la vallée de la Thur.

Le front s’étend sur environ 25 kilomètres.

Les troupes avancent vite, presque à marche forcée, en rencontrant toutefois des réduits de résistance. Les premières escarmouches et les premiers combats ont lieu. À 16 heures, les unités françaises pénètrent dans Thann occupée jusqu’alors par le général von Deimling. Celui-ci préfère se replier.

Le 15e bataillon de chasseurs occupe Reiningen (Reiningue), à seulement quatre kilomètres de Mulhouse.

Altkirch est, quant à elle, bien défendue par des batteries allemandes qui repoussent les hommes du 11e régiment de dragons. Ces derniers escomptaient s’emparer de la gare. Obligés de se replier, ils passeront une partie de la nuit dans les bois. À la faveur de l’obscurité, l’ennemi évacue la place. Altkirch tombe entre les mains des Français, au prix d’une centaine de tués et de blessés.

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