Editoriaux - Sport - 10 décembre 2014

60 millions de dollars pour le rôle supposé de la SNCF durant la Seconde Guerre mondiale !

La France va verser 60 millions de dollars (48 millions d’euros) aux autorités américaines pour indemniser les victimes américaines de la Shoah déportées depuis la France vers les camps d’extermination et qui n’auraient pas été indemnisées.

Le prétexte de cette indemnisation est le rôle supposé de la SNCF dans le transport vers les camps.

Je dis supposé car la SNCF, si elle a vu une partie de son matériel réquisitionné par les Allemands, n’a jamais assuré de transport en dehors du territoire national. Il n’empêche : plusieurs États américains, sous la pression de certaines organisations juives – en particulier l’Anti-Defamation League (ADL), organisation américaine de lutte contre l’antisémitisme –, ont blacklisté la SNCF pour des appels d’offres publics.

Le but de cet accord est donc de lever ces oppositions et de permettre à la SNCF de soumissionner. “Les États-Unis se sont engagés à défendre la France contre toute nouvelle action, et en particulier les actions de nature judiciaire.”

C’est donc un accord entre États car “la SNCF n’a jamais été tenue pour responsable de la déportation. Elle a été un instrument de la déportation… C’est de la responsabilité des autorités françaises d’en assumer les conséquences », a souligné Mme Sparacino-Thiellay, ambassadrice française aux droits de l’homme. Ce qui veut dire que la France, elle, est considérée comme responsable des déportations, alors qu’elles furent imposées uniquement par les Allemands occupants et que c’est en France que les juifs furent le plus épargnés.

D’ailleurs, Arno Klarsfeld lui même reconnaît que la SNCF n’était en rien coupable. Mais il se loue de cet accord qui va permettre d’indemniser des victimes qui ne l’avaient pas été. Voire. Mais dans ce cas, pourquoi la France et pas plutôt l’Allemagne ? En outre, il est bien évident que ces victimes n’étaient pas américaines au moment des faits mais souvent d’une nationalité ennemie : allemande, autrichienne, hongroise… ce qui change quand même les choses. Elles ont émigré par la suite aux États-Unis.

Les mots qui viennent à l’esprit à la lecture de cet accord sont : chantage, racket, extorsion de fonds, toutes choses indignes de la part d’un État de droit comme les États Unis… On s’étonnera, ensuite, de voir prospérer les stéréotypes ! Mais j’oubliais : Bernard Cazeneuve a les choses bien en main, lui qui a décidé de faire de la lutte contre l’antisémitisme une “grande cause nationale”…

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