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6 février 1934 – 6 février 2014 : quelle forme prendra la révolte du pays réel ?

Certains en rêvent, d’autres font mine de s’en inquiéter pour mieux organiser la répression. Et si c’était le retour des années 30 ? Et si un nouveau 6 février était dans l’air ? N’en avons-nous pas tous les ingrédients ? Crise économique, incapacité des gouvernements successifs à la juguler, surdité du pays légal, corruption des élites de droite comme de gauche… Mais faut-il le souhaiter ? Ne l’oublions pas, le 6 février fut un échec, ou l’aurait été, plutôt, si un objectif bien défini lui avait été assigné. Or, tel ne fut pas le cas. Ce qui, évidemment, ne retire rien au sacrifice de ceux qui sont tombés, cette nuit-là, « contre les voleurs et le régime abject ».

L’histoire ne se répète pas, et ces manifestations qui se succèdent contre Hollande et le pouvoir socialiste, ce « dégoût » maintenant assumé des Français pour leur classe politique dans son ensemble, qu’a révélé la dernière enquête du CEVIPOF, n’ont ni ligues puissantes pour leur donner une traduction politique ni même trouvé encore de mot d’ordre pour cristalliser la colère autre qu’un « Hollande dégage ! », fourre-tout de tous les mécontentements. Leur éparpillement est l’expression tant du ras-le-bol profond de la société française que de l’incapacité, pour l’heure, à lui trouver un débouché concret.

Pourtant, la crise qui s’annonce est sans commune mesure avec celle des années 30, parce que ce sont la société française et la cohésion nationale qui sont désormais atteintes en plein cœur. À l’augmentation continue du chômage et à la désindustrialisation accélérée du pays s’ajoutent l’immigration galopante, l’inflation préméditée des naturalisations, la baisse drastique des reconduites à la frontière, l’augmentation continue de l’insécurité, l’angélisme judiciaire prôné par les autorités elles-mêmes, la promotion du communautarisme, la destruction méthodique de la famille, l’endoctrinement honteux des enfants au sein de l’école, la banalisation de l’avortement, la promotion de l’euthanasie… Partout où le citoyen tourne son regard, c’est pour assister à la destruction systématique de ses repères fondamentaux — anthropologiques, culturels, religieux, économiques, sociaux —, comme si, avec la complicité passive d’une droite honteuse, idéologiquement passée à l’adversaire, la gauche, avec ce cynisme candide, ce mélange d’idéologie autiste et de mensonge éhonté qui la caractérisent, avait décidé de faire de la société française un champ de ruines. Quant au FN, il semble ne pas toujours comprendre la radicalité des enjeux : passé de la dédiabolisation à la normalisation, il donne parfois l’impression de ne plus aspirer qu’à la respectabilité politicienne. Or, le pays réel attend autre chose.

Si l’avenir du pays ne peut (plus) dépendre d’une émeute, il convient toutefois de méditer la leçon du 6 février 1934 : la capacité d’absorption d’un peuple a ses limites, qu’il s’agisse de corruption, de cynisme, de mensonge et, aujourd’hui, de la destruction systématique de la civilisation qui le fait être. La gauche elle-même commence à s’en apercevoir, d’où son recul, purement tactique, sur la loi anti-famille, après le succès de la Manif pour tous du 2 février. Mais soyons-en certains : elle n’a renoncé à rien. Nul ne sait la forme que prendra la révolte du pays réel. Mais comme, cette fois-ci, c’est sa survie même qui est en jeu, il n’aura plus droit à l’échec. Vaincre sera alors pour lui la meilleure façon d’honorer ceux qui sont morts debout, en citoyens, il y a 80 ans.

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