Selon un sondage Odoxa réalisé via Internet les 17 et 18 septembre, 35 % des Français ne savent pas qu’il faudra voter pour les élections régionales les 6 et 13 décembre (62 % des 18-25 ans l’ignorent totalement). Un même niveau de méconnaissance avait été enregistré avant les départementales de février 2015 ; ce qui laisse présager une forte abstention.
 
Dans une actualité dominée par la crise syrienne et son flux migratoire, cette enquête est passée quasiment inaperçue. Elle révèle, de nouveau, le gouffre béant existant entre le monde des citoyens-électeurs, que nous sommes, et celui des politiques, qu’ils ont choisi d’être. Lui-même traduit l’écœurement persistant d’une population qui doute de plus en plus d’une possible efficacité publique.
 
Certes, la redéfinition du contour des régions et la méconnaissance des compétences de celles-ci, qui de surcroît viennent d’être revues (loi NOTRe du 7 août 2015), ne jouent pas en faveur d’une élection intermédiaire qui n’attirait déjà pas les foules. Quand bien même, il y a pléthore de candidats à vouloir figurer sur les listes. Il faut reconnaître que la place est bonne. Pour elle, certains sont prêts à bien des mesquineries. Observer des prétendants à la manœuvre peut, d’ailleurs, s’avérer très drôle.
 
Ce scrutin est aussi le théâtre d’alliances de circonstance entre familles politiques où l’art du chantage excelle, et d’accords qui n’ont de valeur que pour ceux qui y croient.
 
Les hiérarques qui viennent laver leur linge sale en place publique au lieu de s’investir sur le terrain aux côtés de leurs « poulains » achèvent de ternir l’image consternante d’une classe individualiste et vérolée, plus encline à préserver des privilèges qu’à favoriser le bien commun.
 
Accaparés à leurs tambouilles, les états-majors politiques refusent d’entendre les militants qui s’évertuent à faire remonter le ressenti citoyen. Eux ne sont pas coupés des réalités. Ils savent que les électeurs en ont ras le bol des magouilles, en ont marre des castes de notables qui se distribuent les rôles à chaque élection, et aspirent à un renouvellement des têtes d’affiche. Lassés, par manque de considération et d’écoute, ils finissent par passer leur chemin. Un renoncement qui explique en partie une baisse des adhésions – légère chez Les Républicains, en chute libre au PS : à quoi ça sert, dans ces conditions, d’être militant d’un grand parti, d’autant que les primaires ont ôté ce qui était, il y a peu encore, leur prérogative majeure ?
 
En période d’instabilité sociale et de morosité économique, nous avons plus que jamais besoin, à tous les étages, de la République de personnes sincères et compétentes. Les cartes de l’avenir, en notre qualité d’électeur, nous les avons entre les mains. Intéressons-nous sans attendre aux enjeux régionaux car, le moment venu, il nous faudra mettre le bon bulletin dans l’enveloppe brune !
 
Même si la plupart des politiques montrent un aspect pitoyable de leur personnalité, même si par des attitudes méprisables ils nous poussent à bouder les urnes, nous devons pleinement exercer un droit pour lequel, en une autre époque, des générations de femmes et d’hommes se sont battus, et sanctionner la médiocrité politique.
 

À lire aussi

Dans les médias, tout est bon pour salir l’image des militaires

Pourquoi, à la moindre occasion, abîmer l’image d’une frange de la population pour qui esp…