Bien que le président de la République soit constitutionnellement et théoriquement président de tous les Français, donc au-dessus des partis politiques, notre Président normal vient de déclarer devant un parterre d’intellectuels de et de responsables socialistes réunis par la fondation Jean-Jaurès et le centre de réflexion Terra Nova que « la gauche, c’est toujours des droits nouveaux, pour tous, pour vivre mieux ».

En déclarant cela, il est fidèle à cette idéologie qui anime la gauche depuis toujours, la classe en général et la dans son ensemble depuis l’après-guerre. Idéologie utopique initiée par la Déclaration des droits économiques et sociaux de 1945 et entretenue constamment, depuis, par les jurisprudences très politisées de juridictions telles que la Cour européenne des droits de l’homme ou le français.

Cette vers toujours plus de droits participe à la désagrégation et l’atomisation de la société française en favorisant les droits particuliers et communautaires. Elle est mortifère à long terme car elle détruit toute conscience des devoirs et de sacrifice envers le bien commun.

Avec cette idéologie, on crée ainsi des droits qui étaient auparavant impensables (mariage unisexe) ou criminels (). Les prochains sur la liste sont déjà connus : droit à la PMA, la GPA, l’euthanasie. Sans compter les innombrables droits sociaux et autres droits subjectifs idéologisés tels que, par exemple, le « droit à un environnement sain » et le « droit au bonheur » (si, ça existe).

À force de vouloir toujours plus de droits individuels, on arrive même à régresser en humanité. Ainsi, le droit au pour « altération définitive du lien conjugal », créé en 2004, est un véritable droit de répudiation du conjoint comme il existait en droit romain.

Rassurez-vous, à force d’accorder toujours plus de droits, il arrivera bien un jour où il n’y aura plus rien à accorder : lorsqu’on redécouvrira le droit individuel et libéral d’assassiner ses enfants parce qu’ils deviennent insupportables, comme à Rome il y a 2.000 ans, que pourra-t-on accorder de plus ? Ne riez pas, on a déjà le droit de tuer un bébé non désiré avant sa naissance…

Cette fuite en avant vers des droits sans contrepartie, sans obligation, sans morale et sans responsabilité illustre que nous sommes passés d’une primauté de l’homme à une primauté de l’individu, qui considère le bienfait de son appartenance à la société que pour autant qu’elle lui apporte des droits. Cette inflation juridique affaiblit les notions de responsabilité personnelle, de devoir et de sacrifice.

Lorsque nos sociétés libérales-libertaires seront peuplées de générations de citoyens submergés de droits individuels sans devoirs, existera-t-il encore des hommes prêts à faire le sacrifice de leur vie pour les autres ?

Hollande, lui, ne se pose pas la question…

4 mai 2016

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