23 août : entre déclaration de guerre et massacres

En ce dimanche 23 août 1914, l’empire du Japon déclare la guerre à l’Allemagne. Ce qui peut paraître incongru est en fait très intéressé. En effet, cette déclaration de guerre est très opportuniste, puisque l’empereur Yoshihito (Taishō Tennō, 大正天皇) entend s’emparer des possessions allemandes extrême-orientales, en particulier la concession de Qingdao (Chine) puis, plus tard, des îles Mariannes.

C’est aussi en cette journée que se déroulent les terribles combats de Gozée (Belgique), dans la province du Hainaut, à 13 kilomètres au sud-ouest de Charleroi. Sortant des bois d’Aulne, du Prince et de la Grattière tout proches, les Allemands s’avancent vers le village de Gozée et s’en emparent presque sans coup férir vers midi. S’étant repliés, les soldats français ont l’ordre de reprendre la position et repartent à l’assaut. Les Allemands refluent mais leurs renforts arrivent à la rescousse. Bien vite, vers 18 heures, les Français commencent à se retrouver encerclés et beaucoup se replient, laissant de nombreux morts derrière eux : 360 Français et 540 Allemands. Le village retombe aux mains des Allemands qui commencent à piller et à incendier à qui mieux mieux. “[…] 36 maisons furent dévorées par les flammes, notamment la maison commune, celle du bourgmestre (absent), une magnifique ferme appelée “Baudribus”, cinq fermes de moyenne importance… le tout d’une valeur de 500.000 francs sans parler du mobilier et des récoltes engrangées”, témoigne le curé du lieu, un dénommé Guérin.

Ce 23 août se déroule aussi la bataille de Mons, à une cinquantaine de kilomètres de Charleroi et de Gozée. Les troupes anglaises, récemment débarquées sur le théâtre des opérations, ont connu quelques escarmouches deux jours auparavant. Le grand combat s’engage à proximité de Mons, plus exactement à Nimy. Ils sont féroces. Une compagnie entière du 4e Royal Fusiliers est quasiment décimée. Il ne reste plus que deux hommes : le soldat Sydney Godley et le lieutenant Dease. Ce dernier paie de sa vie sa résistance à l’avancée allemande. Ce seront les deux premiers soldats britanniques décorés de la Victoria Cross au cours du premier conflit mondial. Les Allemands investissent le village et prennent la population qui n’a pas pu fuir comme bouclier humain. Parmi eux, le bourgmestre Jean Lescarts. Pis, les soldats de l’Empire teuton “incendient 76 maisons et sèment partout la terreur. Huit hommes, trois femmes et une jeune fille sont massacrés sur la route. Les nombreux otages poussés devant les troupes font arrêt au bas de la rue de Nimy le long du mur de la caserne”, témoigne le notaire du village, M. Hambye.

Ce 23 août est aussi marqué du sceau de l’infamie avec le massacre de 647 innocents à Dinant, sommairement exécutés par les forces du Kaiser. Les pires tueries ont lieu en fin d’après-midi. Vers 18 heures, 150 hommes sont alignés sur quatre rangs face à une double rangée de soldats. Un lieutenant-colonel allemand monté sur un cheval donne l’ordre de l’exécution sommaire. 116 hommes tombent. Puis quelques heures plus tard, les soldats du Kaiser fusillent à bout portant 77 femmes et enfants, les achevant parfois à la baïonnette… Le lendemain, ils incendient les trois quarts de la ville.

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