En ce 21 août, 749e jour de guerre, la quasi-totalité des quotidiens annoncent la disparition de l’aviateur Marcel Brindejonc des Moulinais. « Le sous-lieutenant Brindejonc des Moulinais s’est tué dans la région de Verdun, dans une chute d’avion qui semble due à la rupture d’un organe essentiel de l’appareil », rapporte Le Figaro. Il relate ici « la courte dépêche des agences » qui ont annoncé « la perte de […] l’un des plus jeunes pilotes » de l'aviation française.

Né le 8 février 1892 à Plérin, dans les Côtes-du-Nord, il avait à peine 24 ans et un avenir prometteur. Fils d’un capitaine d’infanterie, le jeune Marcel est très vite attiré par l’aviation, notamment quand il voit voler Roland Garros sur sa Demoiselle à Dinard pendant l’été 1910. Quelques mois plus tard, il achète le même avion que son « héros » et va s’inscrire à l’école d’aviation de Pau. Il décroche son brevet de pilote civil (n° 448). Pour rembourser les 4.000 francs qu’il avait empruntés à sa pour l’achat de sa Demoiselle, il réalise de nombreuses exhibitions à travers la France et il décroche un emploi de pilote auprès de la société Morane-Saulnier, constructeur aéronautique.

En 1913, du 10 juin au 2 juillet, il effectue un raid de 4.800 kilomètres entre Paris, Varsovie, Dwinsk (Daugavpils), Petrograd, Reval (Tallinn), Stockholm, Copenhague, Hambourg, La Haye et Paris. Ce premier tour d’Europe aérien - un exploit pour l’époque - lui vaut la Légion d’honneur.

À la déclaration de guerre, il est affecté comme caporal à l’escadrille DO-22 basée à Villacoublay. Les aviateurs sont engagés dans la bataille des frontières (août 1914), de la Marne (septembre 1914), de Champagne (1914-1915), d’Artois (septembre 1915), de Verdun (1916). Marcel Bridejonc des Moulinais gagne ses deux premières citations et ses galons au feu. Il est promu sergent le 3 septembre 1914 et sous-lieutenant trois mois plus tard, en décembre.

Victime d’une d’entérite en 1915, il ne peut combattre en première ligne et ronge son frein comme chef pilote à l’école Morane-Saulnier. Il retrouve ses compagnons d’armes en mai 1916. Il est affecté à l’escadrille n° 23, commandée par le capitaine Robert de Beauchamp. Il participe, notamment, au bombardement des usines Krupp basées à Essen. Le lieutenant Bridejonc (promu en décembre 1915) abat son premier avion le 30 juillet 1916 et, le 1er août, en descend un autre. Mais le 18 août, il est abattu par l’artillerie française qui l’avait pris pour un avion ennemi, même si sa fiche «  pour la France » mentionne qu’il a été « tué à l’ennemi ».

Il a droit à cette dernière citation à l’ordre de l’armée : « Pilote hors pair ; officier aussi brave que modeste, incarnant en lui toutes les qualités qui font le héros simple et accompli. A tenu à retourner au front bien qu’incomplètement remis d’une longue maladie contractée au service, donnant ainsi à tous le plus exemple d’énergie [...] »

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20 août 2016

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