Dans son dernier article, Georges Michel à tort et raison à la foi, non qu’il soit devenu un adepte du ni-ni ou du en même temps, mais parce qu’il ne nous dit rien d’autre que son désarroi. Il décrit une quête qui semble impossible, toute sa description de la situation est juste, dramatiquement exacte, terriblement raisonnable. Mais nous dit-il que va remporter l’élection si nous nous unissions ? Non, il s’en garde bien, parce qu’il sait qu’elle va perdre, et peut-être même au premier tour.

Peu à peu, petit à petit, le RN grignote des parts du corps électoral, mais il en perd aussi, c’est un travail de tâcherons qu’ont entrepris ses courageux candidats et ses militants tenaces ; nous verrons ce qu’il adviendra, au printemps 2021, mais, indépendamment des résultats en termes d’élus locaux, je gage que ce parti sera loin des 51 %.

L’élection au suffrage universel de la plus haute charge politique de notre pays instaure une relation particulière de l’élu avec les Français et même avec la France. Marine Le Pen tente de convaincre les Français, mais elle ne parle pas à la France. Elle s’y est parfois essayée, mais son ton, sa représentation de notre pays, son allure même ne font pas vibrer les petites clochettes de nos cœurs. Marine Le Pen n’incarne pas la France.

Le dernier à l’avoir réussi est , les deux suivants ont profité de circonstances pour capturer la présidence presque par effraction : Hollande est resté minable, Macron s’essaye à l’exercice, mais il lui manque une dimension, une densité humaine mais surtout la sensibilité, élément essentiel de la francité.

À droite, chaque courant lance des ballons d’essai ; ils sont, comme ceux de Mme Hidalgo, la preuve d’un vide. Je ne cite personne, mais tous ont en commun la capacité de faire de bons, voir d’excellents ministres, mais aucun n’a l’envergure pour prendre en lui le destin très troublé de la France. Les habitudes partisanes mais aussi le conformisme des idées comme des moyens proposés sont ceux d’administrateurs. Or, notre pays a besoin d’un guide audacieux. Craignons le cynisme d’ qui pourrait se baisser et se saisir du drapeau du souverainisme national et populaire resté à terre depuis Philippe Séguin.

Nous n’avons pas de candidat, ayons au moins un programme ! Il est temps que nous disions aux intellectuels de droite : réunissez-vous, laissez vos marottes au vestiaire, abandonnez vos positions nées du passé et inventez un corpus qui se projette dans le XXIe siècle ; oubliez les calculs électoraux, les dosages d’états-majors, les transactions subtiles, transposez-vous loin du présent. Les libéraux doivent prendre en compte les conséquences du capitalisme financiarisé, les européistes accepter l’échec, les girondins comprendre que la France ne survivrait pas à l’éparpillement. Mais les colbertistes, les nationalistes, les jacobins ont aussi un aggiornamento à entreprendre.

Mais avant tout, nous devons tous répondre à une question : voulons-nous gérer notre dissolution ou créer les conditions de la résurgence ?

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