20 ans après les bombes de l’OTAN, le Kosovo est une catastrophe

À la veille de l’attaque illégale de l’OTAN contre la Yougoslavie en 1999, Tony Blair nous avait dit qu’il fallait bombarder pour mettre fin à un « génocide racial » (sic). Bill Clinton, lui, nous avait promis qu’après les bombes il instaurerait une « démocratie multiethnique ». Mais, vingt ans plus tard, qu’en est-il vraiment ?

Politiquement, le Kosovo indépendant est un échec cuisant. Il n’est pas reconnu par cinq septièmes de l’humanité, dont l’Espagne, la Russie, la Chine, l’Argentine, le Vatican… La position de l’ONU n’a pas bougé : le Kosovo reste serbe.

Le Kosovo a reçu, depuis 1999, par tête d’habitant, plus d’aides que l’Europe avec le plan Marshall mais le Kosovo demeure un naufrage économique. 30 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, 10 % sous le seuil d’extrême pauvreté et le chômage des jeunes atteint 55 %. Pour le sociologue albanais Belgzim Kamberi, « après la guerre, les réfugiés voulaient à tout prix rentrer chez eux, même si le pays était dévasté. Aujourd’hui, un seul rêve hante leurs enfants, partir. » La seule réussite kosovare en matière d’exportation, ce sont les migrants. Des Kosovars par milliers quittent la région pour la terre promise de l’Union européenne.

L’OTAN a eu jusqu’à 40.000 soldats sur place, mais cela n’a pas empêché le crime organisé de se développer, bien au contraire. Pour l’eurodéputé socialiste Giuseppe Arlacchi, expert de la lutte antimafia, « le Kosovo a été notre plus grave erreur […]. Nous avons créé un État mafieux et ne nous soucions que de dissimuler la vérité. » Belgzim Kamberi est cinglant : « Le chômage et les inégalités sociales n’ont fait que se renforcer, tout comme le clientélisme, la corruption et le crime organisé au sein des institutions du nouvel État. »

Il faut reconnaître une chose : il y a bel et bien eu une purification ethnique au Kosovo, mais pas celle que l’on croit. Depuis la fin de la guerre, 200.000 Serbes ont fui le Kosovo, 1.000 Serbes ont été assassinés. 150 églises ont été détruites pendant que 700 mosquées poussaient comme des champignons grâce, entre autres, à des pétrodollars wahhabites.

Le Kosovo est la région d’Europe qui fournit le plus de djihadistes, par tête d’habitant, à l’État islamique. Dans le dernier rapport sur la situation des droits de l’homme du ministère des Affaires étrangères américain, il est admis qu’il y a une attaque antiserbe tous les deux jours au Kosovo. L’ex-commandant de la FORPRONU en Bosnie-Herzégovine, Lewis MacKenzie, reconnaît : « On a bombardé le mauvais camp […]. Les Albanais nous ont joué comme un Stradivarius. » C’est honorable de l’avouer, mais le mal est déjà fait.

Loin d’avoir apaisé la région, l’OTAN (comme en Afghanistan ou en Libye) a transformé le Kosovo en un pandémonium de pauvreté où seuls prospèrent les mafieux et djihadistes qui empoisonnent les Balkans et le reste de l’Europe. On vous a menti dans les années 1990 au sujet des Serbes. Les maux contre lesquels ils se battaient s’abattent maintenant sur l’Occident. Leur seul crime est d’avoir eu raison trop tôt.

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