Editoriaux - Histoire - Souvenir 14-18 - Table - 16 août 2014

16 août : sur les routes de l’exode

Ce 16 août 1914, la guerre en est à son 15e jour de mobilisation. De nombreux soldats souffrent le martyre sur un front toujours mouvant. Il faudra attendre la mi-septembre environ pour que la guerre de tranchées commence à prendre son ampleur. Les populations alsacienne, lorraine et belge fuient les zones de combat. Combien de familles prennent le chemin de l’exode ? Difficile de le dire. Selon les sources et les historiens, 684.000 Français auraient quitté leur terre natale entre août 1914 et février 1915, pour rejoindre des régions plus “sûres” et tranquilles : à Dunkerque, plus de 10 000 réfugiés quittent la ville par bateau. 50 000 personnes quittent Calais. Ils rejoignent Douvres, La Rochelle et bien d’autres régions françaises épargnées et surtout éloignées du conflit : Gironde, Alpes-Maritimes, Eure-et-Loir, Indre-et-Loire, Mayenne, Maine-et-Loire, etc. Ainsi ce 16 août, le maire d’Angers, le Dr Barot, lance un appel à sa population. Il leur explique que la ville est sélectionnée par le gouvernement français pour être un centre de stationnement “d’étrangers”. Il demande à la population locale de « respecter ces nouveaux arrivants et de les accueillir dans les meilleures conditions ». Les zones non occupées du Nord et du Pas-de-Calais, à quelques dizaines de kilomètres des zones de combat, deviennent vite saturées de réfugiés qui espèrent bien vite retrouver leur foyer.

Parmi ces réfugiés, beaucoup viennent de Liège, qui vient de tomber, ce 16 août, entre les mains de l’ennemi. Le 12 août, l’artillerie impériale avait entrepris de bombarder méthodiquement tous les forts de la place liégeoise, à coups de canon de 305 et de 420 (« Grosse Bertha »). Le pilonnage systématique fait tomber bien vite les forts de Chaudfontaine, Pontisse, Embourg et Lantin (13 août) puis ceux de Fléron, Liers, Boncelles et Lontin (14 -15 août). C’est dans ce fort que le lieutenant-général Leman, commandant la place de Liège, est gravement blessé. Capturé alors qu’il est inconscient, il est transféré à Magdebourg et peut, en signe de respect, conserver son épée durant sa captivité.

Ce 16 août débute, à quelques milliers de kilomètres de là, la bataille du Cer, en territoire serbe. Elle oppose les forces de l’Empire d’Autriche-Hongrie aux forces serbes près du mont Cer, en contrebas duquel coule la rivière Jadar. C’est d’ailleurs près de celle-ci qu’ont lieu les principaux combats. L’état-major serbe s’attendait à une offensive sur Belgrade, à portée des canons de l’armée austro-hongroise. Mais les Autrichiens attaquent à l’ouest du royaume de Serbie. L’attaque est menée, côté autrichien, par Oskar Potiorek, à la tête de 200.000 hommes. Il attaque une armée serbe forte de 180.000 hommes sous les ordres de Stepa Stepanović et de Pavle Jurišić Šturm. La bataille qui s’achève le 20 août fait 16.000 morts dans les rangs serbes et 25.000 dans les rangs austro-hongrois.

Cette même journée a lieu le combat d’Antivari (aujourd’hui Bar), véritable première bataille navale de la Première Guerre mondiale. Elle est livrée au large des côtes du royaume du Monténégro en mer Adriatique entre la marine nationale française et la marine austro-hongroise.

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