16 août 1916 : 45 sièges vacants à l’Institut de France

En ce 744e jour de guerre, les combats font toujours rage sur le front de la Somme, au nord de l’Aisne, sur la rive droite de la Meuse et un peu partout en Europe et dans le monde. Mais ce qui inquiète Le Figaro, dans sa rubrique « Au jour le jour », c’est la situation à l’Institut. C’est, en effet, l’une des conséquences de la guerre. Il y a rarement eu autant de sièges à pourvoir. « Les vides que la mort a causés […] ont fait dire à certains de nos confrères qu’il y avait une crise académique. Il n’y a aucune crise mais une situation particulière dont personne, sous la Coupole, ne songe à s’inquiéter », souligne le quotidien fondé par Hippolyte de Villemessant.

En fait, l’Institut, qui doit compter 318 membres, « n’en compte plus aujourd’hui que 273. C’est un septième de son effectif qui manque », poursuit Le Figaro, qui fait les comptes. Depuis la disparition du marquis Pierre de Ségur (1853-1916), décédé le 13 août, l’Académie française compte neuf sièges vacants. Les huit autres sont ceux de Jules Clarétie, mort en décembre 1913, Henri Roujon (1er juin 1914), Jules Lemaître (5 août 1914), Albert de Mun (6 octobre 1914), Alfred Mézières (10 octobre 1915), Paul Hervieu (25 octobre 1915), François Charmes (4 janvier 1916) et Émile Faguet (7 juin 1916). Le quart des sièges sera bientôt à pourvoir sous la Coupole, avec la disparition, le 10 novembre 1916, de Melchior de Vogüé.

L’Académie des inscriptions et belles lettres n’a pas renouvelé les sièges de sept de ses membres. Neuf fauteuils sont également à pourvoir à l’Académie des sciences, cinq à l’Académie des beaux-arts et six à l’Académie des sciences morales et politiques. Par ailleurs, selon Le Figaro, les secrétaires perpétuels de l’Académie des sciences (Alfred Lacroix) et de celle des beaux-arts (Charles-Marie Widor) laissent leurs sièges vacants. Un siège de membre étranger créé en juillet 1915 à l’Académie des inscriptions n’a pas encore de titulaire. Enfin, les académies ont décidé, entre octobre 1914 et mars 1915, l’exclusion des associés et correspondants appartenant à des nations ennemies. Six d’entre eux ne siègent donc plus. Bien sûr, « il n’y a point péril en la demeure », indique le journaliste du Figaro, Ch. Dauzats.

Toujours est-il que l’Institut de France s’implique depuis le début dans le conflit. Le 10 août 1914, il donne 30.000 francs pour aménager l’hôtel Dosne-Thiers. Ce dernier, situé au 27, place Saint-Georges, devient l’hôpital auxiliaire n° 265. Dirigé par Frédéric Masson, il ouvre ses portes le 21 septembre 1914. L’Institut ouvre également, neuf jours plus tard, dans la bibliothèque Lovenjoul à Chantilly, l’ambulance Lovenjoul dirigée par Georges Vicaire, conservateur de la collection, et rattachée à l’Association des dames françaises. Cet hôpital compte 20 lits. Quant à l’Institut, il verse régulièrement d’importantes sommes aux œuvres de guerre.

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