15 août 1916 : encore un bombardement sur Reims

Dans sa rubrique « Nouveaux crimes allemands », Le Figaro du 15 août indique que des « avions ennemis ont lancé des bombes sur la ville de Reims, dont plusieurs incendiaires, pendant que les batteries allemandes tiraient sur différents quartiers de la ville. L’hôpital civil, proche de la basilique Saint-Remi, et un dispensaire ont été détruits. Six personnes de la population civile ont été tuées. ». Il faut attendre quelques jours supplémentaires pour connaître les détails de ce bombardement. Le Gaulois du 18 août rapporte l’article du correspondant du journal Le Matin. C’est dans la journée du dimanche (13 août, ndlr), « vers 19 heures, [que] cinq incendies se sont allumés presque simultanément dans divers quartiers de la ville ».

Le plus violent se déclare à l’hôpital civil. En quelques instants, la salle Muiseux, où se trouvent de nombreux malades, est environnée de flammes. Ces derniers sont aveuglés par la fumée et ce n’est qu’à grand-peine que les pompiers, les brancardiers de la Croix-Rouge et « de nombreux ambulanciers militaires » parviennent à en évacuer la plupart. Mais « le sauvetage de tous ces pauvres gens n’était pas terminé que le feu se communiquait à un deuxième bâtiment », indique l’article du Gaulois. Or, ce bâtiment comportait des salles de malades, la lingerie, la chapelle et des bureaux. Le feu très violent menace la toute proche basilique Saint-Remi, « en particulier la rose du transept nord ». Fort heureusement, les 70 pensionnaires de l’établissement s’en sortent vivants et peuvent être transportés dans un autre hôpital de la ville.

Malheureusement, les bombardements allemands ont touché le maison d’habitation de la famille Savin, tuant trois personnes : la grand-mère de 65 ans, le fils de 45 ans et le petit-fils de 13 ans.

Depuis le début du conflit, la ville du sacre des rois de France est une cible privilégiée des Allemands. Elle subit un bombardement presque continu pendant toute la durée de l’Occupation, entre le 3 septembre 1914 et le 5 octobre 1918. Elle est bombardée presque quotidiennement entre septembre 1914 et la fin de 1915. Les Allemands attaquent avec canons de 77 et de 150. Le mortier de 210, capable de lancer des obus de 100 kg à 10 kilomètres de distance, est aussi utilisé.

Le secteur de la cathédrale est particulièrement touché. D’après un relevé effectué en mars 1918 par Mgr Maurice Landrieux, ce sont plus de 300 obus qui ont touché la seule cathédrale en moins de quatre années de conflit. Il précise dans sa carte : « Le compte n’a pu être établi pour la rude journée du 24 avril 1917 ni pour avril, mai, juin 1918. »

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