Armées - Editoriaux - Musique - 14 juillet 2018

14 juillet 2018 : parade moderne !

Le président de la République est verni. Dans les armées, on utiliserait un terme plus fort, mais par trop trivial pour qualifier cette baraka…

Un ciel immaculé ! Ses nombreux prédécesseurs ont tous subi au moins une fois un contretemps météorologique ce jour-là avec orage, pluie ou nuages bas. Certes, ce ciel immaculé a failli faire grise mine durant quelques secondes lorsqu’une fumée rouge inattendue s’échappa d’un des avions de la Patrouille de France. Un vilain symbole car je ne pourrais imaginer un complot de l’armée de l’air. À moins que ce ne soit – ce que je pense, au final – un hommage au Japon qui n’a pas été commenté.

Votre serviteur lui-même, “leader” d’une double patrouille de vingt-quatre Mirage, parmi un très important dispositif aérien, dut faire demi-tour à deux minutes du passage au-dessus des Champs-Élysées, en 1974, à cause de la météo dégradée et plafond bas sur la capitale !

Prestations impeccables des diverses et très nombreuses unités aériennes et terrestres. Certes, les peintures très fraîches sur les véhicules ne pouvaient tromper un œil curieux ou expert avec des engins aussi anciens que ma prestation ratée. Exemple, ce beau logo “Berliet” marquant la calandre de nombreux camions.

Et que dire de la disponibilité des aéronefs, en particulier des hélicoptères aux noms sonnant “collector”. Une étude récente a fait état d’une disponibilité générale des moyens matériels de moins de 40 %.

Bon, la nouvelle loi de Programmation militaire va corriger cette énorme faiblesse, pour autant que le budget des armées ne subisse pas, selon une coutume bien établie, de nouvelles contributions involontaires aux déficits budgétaires.

Pour revenir à la parade de ce 14 juillet, je dois avouer mon humeur un peu chagrine à voir exécuter des spectacles de lever de rideau puis de fin, plus proches des performances de cirque que des parades militaires.

Je pense que le Premier ministre singapourien et le représentant de Shinzō Abe – absent pour cause de cataclysme au Japon – ont dû être surpris, voire fatigués par la durée des numéros. Nonobstant le choc entre deux motocyclistes qui valorisait involontairement la précision des diverses chronologies et le calme olympien – jupitérien ? – des chevaux, spectaculaire, ces entrelacements variés et répétitifs, dignes d’un carnaval, n’étaient pas une marque valorisante des capacités de combat des acteurs.

Mais le pire fut les sauts de deux motards montant des pétrolettes loin de la dignité des gros cubes. Après la loi, adoptée à la quasi-unanimité, sanctionnant les rodéos – déposée par la députée Mireille Clapot -, cette démonstration risque de provoquer de nouvelles vocations.

On sait que le Président aime les spectacles burlesques – se rappeler la fête de la Musique au Palais -, mais le jour de la fête nationale, cette bouffonnerie était de trop.

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