Ce vendredi 14 août 1914, conformément aux ordres du général Joffre qui, le 8 août, avait donné l’ordre de s’emparer des cols vosgiens, le 8e corps d’armée (8e CA), commandé par le général de Castelli et le 12e CA commandé par le général Roques passent à l’offensive en direction de Lorquin et de Sarrebourg. Quelques jours auparavant, le 14e corps d’armée s’était élancé à l’assaut du col du Bonhomme, subissant de lourdes pertes. Le 152e RI avait réussi, au prix lui aussi de nombreuses victimes, à s’emparer du col de la Schlucht.

Pour cette offensive générale ordonnée ce 14 août par le général Dubail, le 21e CA constitué de la 13e division d’infanterie (DI) (25e et 26e brigades) et de la 43e DI (85e et 86e brigades), marche sur la vallée de la Bruche en direction de Strasbourg. Le 13e CA marche, quant à lui, sur Cirey-sur-Vezouze. La liaison entre les deux CA devait être assurée par la 25e brigade dont l’objectif est le massif du Donon. Le Donon est l’un des plus hauts sommets des Basses-Vosges, culminant à 1.009 mètres. Face à lui, il a son “double” le Petit Donon, haut de 924 mètres. La 25e brigade d’infanterie (25e BI) est notamment composée du 17e RI et des 20e et 21e bataillons de chasseurs à pied, soit environ 7.000 hommes.

Ce 14 août, les hommes de la 25e BI s’emparent de cet endroit stratégique, sans rencontrer de résistance sérieuse. C’est dans quelques jours que l’affrontement sera plus virulent. En effet, ordre est donné au commandant Rauch, chef de corps du 21e bataillon de chasseurs à pied (21e BCP), d’assumer la défense du Donon. Le 20 août vers midi, les chasseurs du 20e essuient un terrible tir de barrage : « Le bombardement dura cinq heures. Les obus pleuvaient de tous côtés, écrasant les sapins qui s’écroulaient avec des craquements sinistres. Les éclats minuscules de shrapnels ne causèrent heureusement pas de grosses pertes car la plupart des chasseurs s’étaient placés de manière à pouvoir tirer, tout en étant protégés par les rochers », témoignera, quelques années plus tard, l’un des rescapés de cette bataille, le sous-lieutenant Dalanzy. Le combat se termine à la baïonnette et le 21 août, les Allemands se rendront maîtres de la place.

Ce même 14 août, toujours sur le front de l’Est, la 26e brigade (21e et 109e régiments d’infanterie [RI]) attaque en direction de Plaine, qu’ils atteignent malgré de sérieuses pertes. La 86e brigade attaque en direction de Saint-Blaise-la-Roche et, malgré une forte résistance, atteint son objectif à la tombée de la nuit. Cinq cents réservistes alsaciens du Infanterie-Regiment (IR) 99 et du IR15 bavarois désertent pour se joindre aux troupes françaises. Une belle prise de guerre ? Non, un retour à la mère patrie.

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