Editoriaux - Histoire - Souvenir 14-18 - 12 août 2014

12 août : la bataille des Casques d’argent

En ce 12 août, jour de mobilisation générale en Russie, qui déclare la guerre à l’Autriche-Hongrie, la bataille des Frontières fait rage. La ville de Pont-à-Mousson a été bombardée par de l’artillerie lourde. Des centaines d’obus d’un quintal sont tombés sur la ville, tuant et blessant des habitants et démolissant des maisons. Mais « l’effet de ce bombardement a été nul sur la patriotique population de Pont-à-Mousson », note le communiqué de guerre officiel daté du 13 août, histoire de galvaniser les troupes et de minimiser les horreurs de la guerre qui commencent déjà à poindre. Entre censure et propagande, il est parfois difficile d’être au courant de la réalité. Pourtant, Pont-à-Mousson avait été déclaré “ville ouverte”, c’est-à-dire déclarée rendue sans combat afin de l’épargner de la ruine. Pourquoi donc les Allemands ont-ils poussé « le comble à leur sauvagerie en faisant tomber des obus sur le collège et l’hôpital » ? « De pareils procédés soulèveront l’indignation du monde civilisé », s’indigne ce même communiqué officiel.

Au même moment, les troupes allemandes qui ont conquis le 11 août Ferme Malgréjean aux portes du village de Badonviller (70 km au sud-est de Nancy) s’apprêtent à donner l’assaut. Les hostilités sont engagées à 5 heures du matin. Le 20e bataillon de chasseurs à pied (20e BCP), qui est en partie composé d’hommes issus de ce village, résiste héroïquement à des troupes bien supérieures en nombre. Les pertes sont lourdes pour les chasseurs, qui perdent 25 % de leurs effectifs. Les Bavarois, appuyés par une artillerie très efficace, entrent en force à Badonviller. Prétextant que des civils ont tiré sur leurs troupes, ils mettent la petite ville à sac. Les soldats allemands incendient méthodiquement 84 maisons dont l’église et tirent sur les habitants, “sans distinction d’âge ou de sexe, tuant au hasard, dans les rues, sur les pas de porte, presque à bout portant”, rapportent les journaux de l’époque. Les victimes s’élèvent à douze personnes dont Mme Benoît, la femme du maire.

En Belgique, les forts de Liège résistent toujours. Les 25.000 hommes sous les ordres du lieutenant-général Gérard Leman, qui commande la 3e division d’armée, tiennent bon, malgré les assauts répétés. À quelques encablures, dans la province de Limbourg (proche des Pays-Bas), s’engage la bataille de Haelen, aussi connue sous le nom de “bataille des Casques d’argent” en raison du grand nombre des casques nickelés des dragons allemands qui jonchaient le sol. Elle oppose 3.000 hommes regroupés dans cinq régiments commandés par le lieutenant-général Léon de Witte aux 6.000 cavaliers et chasseurs à pied (six régiments) du Generalmajor Georg von der Marwitz. Bien qu’en nombre inférieur, les Belges parviennent à défaire les Allemands. Le succès n’est que temporaire puisqu’ils devront se replier rapidement dans la forteresse d’Anvers. Même si cette bataille n’a pas influencé de manière décisive le cours de la guerre, elle est considérée comme la dernière grande charge de cavalerie sur le front ouest.

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