L’article de M. Christophe Servan consacré au 11 septembre et publié sur Boulevard Voltaire m’a fait réagir sur certains points. En effet, consacrant depuis quelques années un travail de recherche au phénomène conspirationniste, j’ai moi-même été amené à enquêter, bien modestement, sur cet événement fascinant et fondateur.

Ne disposant que de peu d’espace, j’irai droit au but, et me permettrai, rasoir d’Occam au poing, de réfuter quelques-uns des arguments phares avancés par les auteurs conspirationnistes, éléments sans lesquels on ne saurait conclure, justement, à une conspiration de l’État américain.

– Les tours ont été abattues par des explosifs.

Dans ce cas, il faut expliquer les choses suivantes : comment les tours ont-elles été préparées ? Par qui ? En combien de temps ? Sachant qu’une démolition industrielle est une opération lourde, longue et accomplie par des équipes de professionnels chevronnés dans des immeubles déserts (nous parlons là de deux immeubles de cent étages en pleine activité)…
Pourquoi, de plus, les explosifs n’ont-ils pas détoné au moment des crashes des deux avions de ligne ? Pourquoi, surtout, les effondrements commencent précisément aux étages affectés par les impacts, et non à la base des tours ?

– Aucun avion ne s’est abattu sur le Pentagone.

On dispose de plusieurs dizaines de témoignages absolument concordants, faisant état de l’approche, du survol et du crash d’un avion de ligne sur la façade du Pentagone. C’est donc toute la masse des témoins qu’il faut réfuter. Il est impensable que tous aient été de mèche. De plus, on a retrouvé (photos à l’appui) les débris du Boeing à l’intérieur du bâtiment, ainsi que les cadavres des passagers, certains encore sanglés à leur siège. Subsidiairement, les lampadaires situés sur la trajectoire de l’avion ont tous été renversés, ce qu’un missile ou un drone ne peut pas faire.

– Le bâtiment n°7 n’a pas été touché par un avion, mais s’est pourtant effondré.

Sophisme. La tour WTC 7 a été fort endommagée par l’effondrement de la tour nord. Des incendies non maîtrisés y ont fait rage pendant plusieurs heures. Les pompiers n’ont eu d’autre choix que d’évacuer les lieux. Précision : quand M. Silverstein (propriétaire du complexe) prononce son laconique « pull it », il parle de retirer les équipes de pompiers du bâtiment, et non d’abattre la tour

Ceux qui ont clairement « déserté le terrain de la rationalité scientifique », ce ne sont pas les tenants de la version « officielle », mais bien les « truthers », fanatiques d’une « vérité » idéalisée, dont la frange avancée, engluée dans la méthode hypercritique, a recours à la pensée magique, et raisonne en termes d’hologramme, de thermite, de synthétiseur vocal et autres billevesées (un exemple ici).

Et que l’on m’explique comment des conspirateurs assez puissants pour organiser et exécuter une opération d’une telle envergure se trouvent incapables, quelques mois après, de « trouver » et exposer quelques armes de destruction massive dans le désert irakien…

9 septembre 2013

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