Editoriaux - Médias - Politique - Table - 3 décembre 2016

Zéro en calcul électoral !

Les meilleurs élèves de la classe politique ont du mal avec le calcul électoral. Quant à nos surdoués d’outre-Atlantique, ils ne méritent guère mieux qu’un bonnet d’âne ! On ne résiste donc pas, notre bravache gauloise s’en mêlant, à leur donner une bonne mais toute simple leçon d’arithmétique.

Commençons par compter à partir de notre propre situation électorale.

Un… Toujours un et forcément seul est le Président élu par la moitié du corps électoral, un Président censé « incarner » le peuple en sa totalité. C’est beau comme un matin de printemps mais c’est tout simplement impossible.

Deux… Ce seront les candidats présents au deuxième tour de l’élection. Un de droite, un de gauche, de préférence. Pour les médias, c’est une évidence ; pour les électeurs, c’est un casse-tête… Jamais, au grand jamais, ils ne pourront se résoudre à éliminer Pierre pour habiller Paul. La vie est plus nuancée, les problèmes sont trop complexes, le pays est trop morcelé pour se soumettre à une dialectique binaire tout droit venue du marxisme : les riches contre les pauvres, les bons contre les méchants, les bobos contre les ploucs, etc.

Trois… Ce serait plus plausible, puisque la France est entrée en tripartisme. Elle ne le sait pas mais il faudra bien, un jour, qu’on le lui dise. L’émergence du « populisme » n’a pas effacé les partis traditionnels mais les a relégués au musée des traditions politiciennes. Leur audience médiatique est sans commune mesure avec le nombre (médiocre) de leurs militants et l’indigence de leurs propositions. Ce fameux « progrès » transforme plus vite les choses que les êtres. Les idées sont lentes à évoluer et les analyses des politiques comme des commentateurs s’appuient souvent sur des schémas du passé, sinon dépassés. Faute d’adapter le mode de scrutin à cette réalité, on risque fort de multiplier les abstentionnistes et les protestataires.

Quatre… Il serait raisonnable d’admettre que quatre sensibilités découpent le paysage politique, si l’on s’en tient (seulement) à deux variables fortes de la vie politique actuelle, à savoir la puissance (jusqu’où est-on prêt à aller pour assurer l’autorité et le respect de la loi ?) et l’imperium (jusqu’où s’étend la souveraineté – sans partage – de l’État ?). On disposerait, alors, d’un jeu de quatre « familles » : une droite extrême (forte et souverainiste), une droite centriste (complaisante et européiste), une gauche centriste (faible et mondialiste), une gauche extrême (radicale et européiste). Quelle est la personnalité susceptible de représenter chacune des nuances de cette palette ? C’est un vrai casse-tête, car les candidatures se bousculent sur (presque) toutes les cases de l’échiquier… des candidatures, dont on voit mal, au centre notamment, ce qui les distingue.

Pourtant, en faisant médiatiquement une part belle à chacune de ces conceptions, en instaurant une confrontation équitable, les Français pourraient espérer et opérer un compte à rebours sensé.

Ne rêvons pas ! Il n’en sera rien… La multiplication des candidats, l’addition (entre les deux tours) de reports contre-nature, les divisions partisanes et les soustractions (volontaires) d’informations vont fausser les calculs et brouiller le résultat. Une fois de plus, le laissé-pour-compte sera l’électeur.

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