Armées - Editoriaux - Histoire - Justice - Religion - 14 février 2018

La ZAD en fête, l’État en défaite

L’État jouit, dans notre pays, d’un crédit inégalé dans le monde. Il le doit d’abord à l’Histoire. C’est le pouvoir royal qui, à partir de l’Île-de-France, a construit la nation actuelle. Comme Tocqueville l’a montré dans L’Ancien Régime et la Révolution, la centralisation a commencé sous la monarchie et s’est accentuée sous la république et l’empire. La riche diversité provinciale a même été anéantie par l’École de la IIIe République. Louis XIV n’avait pas toléré d’autre religion que la sienne. La République, sous couvert de laïcité, n’acceptait plus la concurrence d’un pouvoir religieux. L’État fut d’abord le glaive victorieux d’un pays fier de sa puissance. Celui-ci se brisa à Waterloo pour la première fois – qui ne fut pas la dernière. Peu à peu, les Français lui demandèrent autre chose que les élus, clientélistes et peu enclins à se lancer dans des aventures guerrières, s’empressèrent de leur offrir. Aussi, comme le souligne justement Michel Schneider, dans Big Mother, l’État fut, en France, un pionnier du « transgenre ». Il était le père protecteur, parfois un peu fouettard, mais dont la puissance rassurait. Il est devenu, peu à peu, la mère nourricière. La continuité dans cette métamorphose a résidé dans l’enflure de l’embonpoint et le coût de l’entretien. L’État-providence de la social-démocratie, écrasé de travail, étranglé par ses déficits, perclus de dettes et étouffé d’une graisse inutile, était devenu une nounou mollassonne hélas en phase avec une population quémandeuse passant d’une émotion à une autre, mais incapable de se dresser et d’agir.

Le stade actuel de cette évolution est facile à décrire. D’abord, l’État fait de moins en moins bien ce qui est prioritaire. Si on met à part notre diplomatie supportée par le second réseau mondial de consulats et d’ambassades, qui permettent notamment de caser nombre de jeunes gens brillants en mal d’écriture, les armées ont été sacrifiées sur l’autel des économies rendues nécessaires par les dépenses superflues. La démission du général de Villiers a, heureusement, sonné un tocsin salutaire. Les hommes ne sont pas assez nombreux. Leurs équipements ont vieilli et les exposent dangereusement. On songe à remplacer le Charles-de-Gaulle quand il faudrait le doubler, puisqu’une grande puissance en vacances six mois sur douze éveille quelques doutes sur ses capacités. La sécurité intérieure ne répond pas aux attentes de la population. Certes, les effectifs de police ne sont pas insuffisants, mais l’abaissement du temps de travail dans la fonction publique, bien plus absurde que dans les secteurs où la productivité augmente, a créé artificiellement un manque de moyens qui ne peut être compensé que par un surcroît de dépenses. En amont et en aval, des gouvernants irresponsables, de gauche mais pas seulement, ont multiplié les obstacles. L’immigration de plus en plus massive et extra-européenne comme son regroupement dans certains quartiers ont généré des zones de non-droit. Loin de prendre conscience du danger, le législateur s’est plu à inventer de nouvelles entraves à l’action policière, notamment ce contresens d’une violence limitée à la légitime défense alors que, dans une saine conception de l’État de droit, le rétablissement de l’ordre légal légitime, évidemment, l’usage de la force. Quant à la Justice, elle a gardé de son prestigieux passé ses beaux habits et ses petits moyens. Elle est l’une des plus pauvres et des plus politisées d’Europe.

Le Président Macron est allé en Corse jouer les matamores. Peu après, les zadistes se sont donné rendez-vous sur le site de Notre-Dame-des-Landes pour fêter leur victoire sur l’État. Qu’est-ce qu’un État parmi les plus coûteux du monde, mais incapable de faire respecter la loi et la volonté du peuple ? Une nounou vieillissante qui n’entretient plus que ses amants dispendieux, les nombreux élus et autres fonctionnaires qui, cette semaine enneigée, ont encore fait la démonstration de leur inefficacité ?

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