« Il y a clairement, chez Macron, une volonté de museler la liberté d’expression »

Jean-Yves Le Gallou, inventeur des Bobards d’or, revient sur le projet du Président Macron d’interdire les fake news. « Quand un pouvoir politique veut décider ce qui est vrai ou pas, c’est totalitaire. »

Il replace la décision de Macron dans une longue tradition française (loi Pleven, etc.) mais explique aussi la « hargne » du Président par les intérêts personnels qu’il aurait à défendre.

Jean-Yves Le Gallou, le président Macron a parlé d’un possible projet de loi condamnant les fake news pendant les périodes électorales.
Qualifier une information de fake news est-il possible en soi ?

Une information est à vérifier. On peut savoir ce qui exact et ce qui n’est pas exact à partir d’une confrontation d’informations. Il faut plusieurs sources d’information pour arriver à discerner ce qui est juste.
Si un pouvoir politique ou autre décide a priori de ce qui est vrai et de ce qui est faux, c’est qu’on est dans un système totalitaire où il y a des vérités officielles. Sera déclaré vrai ce qui est conforme à l’intérêt de monsieur Macron. Sera déclaré faux ce qui est susceptible de lui déplaire ou de lui nuire.
C’est un peu le modèle nord-coréen qu’il veut implanter.

De l’autre côté de l’Atlantique, Donald Trump quant à lui voulait décerner un prix pour le pire média en termes d’information mensongère.
Vous avez créé et présidez les Bobards d’or, on imagine que vous avez un nouveau concurrent très sérieux.

Oui, c’est un nouveau concurrent très sérieux, mais je suis très heureux que les Bobards d’or aient traversé l’Atlantique !
Je crois que la démarche de Trump est très intéressante par rapport à celle de Macron.
Macron a un problème avec les médias alternatifs, il envisage une loi de censure.
Trump, lui, a un problème avec les médias mainstream, les médias dominants, il ne cherche pas à les censurer. S’il cherchait à les censurer, ce serait un vrai scandale. Il cherche à rire d’eux et à montrer leur travers, leurs mensonges, d’où cette idée d’organiser lundi prochain une cérémonie pour récompenser les meilleurs menteurs médiatiques.
C’est un peu ce que j’appellerai les golden bobards que les Américains pourraient appeler les golden fake news. Combattre ses adversaires, c’est normal. Mais, dans un cas où on combat en essayant de montrer qu’ils se trompent, en essayant de rire à leurs dépens, c’est la solution américaine de Trump. C’est une solution libérale. Et de l’autre côté, on a la solution de Macron qui est une solution totalitaire, puisqu’on montre les crocs, on veut sortir la censure. Ce serait intéressant de comprendre pourquoi Macron est sur cette ligne-là.

Cette décision d’Emmanuel Macron intervient alors qu’il y avait eu une polémique lorsque la France avait été classée parmi les pays qui selon certains censuraient le plus les réseaux sociaux.
Allons-nous museler définitivement la presse alternative ou est-ce juste pour mieux faire fonctionner la démocratie en privilégiant la vraie information?

Il n’y a pas de vraie ou de fausse information. Il y a des informations concurrentes et à chacun de trouver ce qui correspond le mieux à la réalité ou d’approcher la réalité par la diversité.
Il y a véritablement une volonté de museler la liberté d’expression.
Essayons d’analyser les origines de cela.
Tout d’abord, il faut se rappeler que la première loi liberticide, la loi Pléven date de 1972 en France. Elle s’est étendue progressivement aux autres pays. La France a été innovante.
C’est extrêmement drôle, samedi prochain, une soirée intitulée ‘’toujours Charlie’’ est prévue aux Folies bergères sur la liberté d’expression. Les principaux intervenants vont venir de la Licra. Or, la Licra qui parle de la liberté d’expression, c’est aussi pertinent que d’inviter Dutrou pour parler de la protection de l’enfance, ou DSK pour le respect des femmes. C’est le côté français qui peut expliquer l’attitude de Macron.
Par ailleurs, il a peut-être des choses personnelles ou financières qu’il tient particulièrement à protéger. Cela pourrait expliquer son espèce de hargne dans la volonté de contrôle des médias alternatifs.

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