Entretien - Bataclan

Robert Ménard : « Il y a des choses qui ne se font pas. Ça s’appelle la morale, la décence, le respect de ceux qui sont morts »

Maire de Béziers

Ancien journaliste. Fondateur de Reporters sans frontières et de Boulevard Voltaire

 

Polémique au Bataclan : la salle de concert, théâtre du carnage commis par des terroristes islamistes en novembre 2015, devrait accueillir au mois d’octobre prochain le rappeur Médine, bien connu notamment pour son album intitulé Jihad.

Réaction de Robert Ménard au micro de Boulevard Voltaire.

La salle du Bataclan connue désormais pour le carnage qui s’y est déroulé en novembre 2015 va accueillir le rappeur Médine. C’est un rappeur connu pour ces titres de chanson, son album « Jihad » et ses quelques paroles assez hostiles à l’Occident.
Que pensez-vous de cette polémique ?

C’est une immense provocation. Je pense aux familles et aux victimes. C’est invraisemblable. Un album nommé «Jihad» avec un sabre et des paroles non seulement ambiguës et douteuses, mais qui appellent à égorger les laïcards, est invraisemblable.
Y a-t-il vraiment des gens qui peuvent trouver cela acceptable ?
La Bataclan est aujourd’hui un lieu, certes de musique, mais aussi un lieu de mémoire. C’est un lieu synonyme d’islamisme et de victimes de l’islamisme. J’en suis tombé de ma chaise lorsque je l’ai appris.

Le Bataclan est en effet une salle de musique. On peut aussi se dire que les responsables de cette salle sont libres de programmer ce qu’ils veulent.

Bien sûr, ils le sont, mais il y a des choses qui se font et d’autres qui ne se font pas. Je me souviens du tollé à Verdun contre le concert prévu d’un chanteur connu. Il tenait des propos inacceptables sur la France. Je l’avais reçu à Béziers. En revanche, ce n’est pas le genre de chanteurs qu’on reçoit à Verdun.
Dans ce cas-là, ce sont des choses qui ne se font pas. Cela s’appelle la morale, la décence, le respect de ceux qui sont morts. Ce n’est pas la loi, mais la morale. Et la morale est parfois plus importante que la loi.

Appelez-vous à la suppression et à la déprogrammation du concert de Médine ?

Il me semble que ce musicien n’a pas sa place dans ce lieu. Je n’ai aucune autorité pour le dire. Je suis un simple citoyen. Mais je pense que les familles des victimes et ceux qui ont été victimes et qui ont échappé par miracle à la mort ce soir-là au Bataclan doivent se faire entendre. Il y a des choses indécentes qu’on ne peut pas accepter.

Ancien journaliste. Fondateur de Reporters sans frontières et de Boulevard Voltaire

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