Crimes : les chiffres qu’on vous cache !

Docteur en géopolitique et criminologue

Il enseigne dans les universités Panthéon-Assas (Paris II), George Mason (Washington DC) et Université de Sciences politiques et de droit (Pékin)

 

Les « embrouilles officielles » sont tout ce que le gouvernement et ses roquets médiatiques allèguent pour nier l’explosion criminelle et le simple fait que, depuis un an, la France, surtout désormais la France rurale, est au pillage.

Ces embrouilles sont d’autant plus repérables que, bien sûr, elles ont déjà servi, Jospin regnante, 1997-2002, lors de la précédente explosion criminelle. Mais les néo-médias du jour, aveuglés par le flux-tendu et pour lesquels une dépêche d’agence de la veille est une antiquité, l’ignorent absolument.

Embrouille n°1, la négation : pour Mme Taubira et les illuminés qui l’entourent, les pires crimes sont de négligeables « faits divers ». Quand Le Monde l’interviewe le 20 septembre 2012, Mme Taubira balaie ainsi la (timide) évocation de l’effervescence criminelle d’alors : « On ne peut imaginer un monde sans faits divers »« Bien sûr qu’il y aura encore des faits-divers. »

De quelles broutilles ou anicroches parle donc Mme Taubira ? À Echirolles (Isère) Kevin et Sofiane viennent alors d’être lynchés par une horde sauvage, massacrés de dizaines de coups de couteaux et de marteaux. Le ministre de l’Intérieur, lui, parle d’ « actes barbares ».

Comment réagir face à ces atrocités ? Un exalté proche de Mme Taubira, bien sûr « chercheur au CNRS », a tout compris (Libération du 9 aout 2013) : « À défaut de “fermer les prisons” dans un avenir proche (ce qui demeure tout de même une utopie raisonnable), initions une politique vigoureuse progressiste où soit privilégié résolument le “toujours moins carcéral”. La prison en 2013 n’est elle pas, à y bien réfléchir, une pénalité aussi dépassée que le furent, en 1789, pour les hommes de la révolution, les mises à mort spectaculaires de l’ancien régime. »

Mme Duflot enfonce le clou (Libération, 21/08/13) : « Ce n’est pas en bourrant les prisons qu’on améliore la sécurité. » Rappel : selon des données officielles françaises (Le Figaro, 5/08/2013) « de 80.000 à 100.000 peines de prison ferme sont en attente d’exécution ». Soit des dizaines de milliers de malfaiteurs libres comme l’air alors qu’ils devraient se trouver incarcérés.

Embrouille n°2, l’édulcoration : la presse bobo-gauchiste évite avec soin les mots « crime » et « criminel » au profit de « délinquance » ou de « délinquants ». Parfois, elle use même du terme d’ « enfants perdus » ! Voir « Histoire d’une jeunesse délinquante de 1945 à nos jours », documentaire, monument de la culture de l’excuse, télévisé sur France 3 un soir de mai 2013.

Voyons donc ce que font ces « Enfants perdus » dans la France de l’été 2013.

D’abord : tout ce qui suit est vérifié et même, par souci d’honnêteté, revu à la baisse ; ainsi, quand il est écrit « Marseille, 1,2 vol avec violence par heure, nuit comprise (7/24) », c’est en réalité 1, 2557. (11.000 vols avec violence dans l’année 2011, divisé par 8.760 heures sur un an = 1,2557…) Source : parquet de Marseille.

Chiffres et faits

Homicides – Souvent, ces assassinats/règlements de comptes « marseillais » sont si violents qu’on ne voit pas même ça à Chicago. Exemple : l’assassinat de Kevin el-Malki le 5 septembre dernier : « Touché d’abord d’une balle dans le dos, puis percuté par la voiture des 4 tueurs cagoulés, enfin achevé d’une dizaine de balles de divers calibres. » Un matin, en pleine rue de La Ciotat ! À l’été 2013, on compte au Tribunal de Marseille plus de 100 homicides à l’instruction.

Agressions en milieu hospitalier (Source : Observatoire national des violences en milieu de santé) :
2011 : 5.760 signalements
2012 : 11.344 signalements (1,2 par heure, 7/24)
70 % des signalements = bousculades injures, crachats, etc.
30 % = violences physiques, atteintes aux personnes, etc.

Agressions de pompiers (Source : Fédération professionnelle des pompiers) :
De 2007 à 2011 (dernières données disponibles) : + 35 %
1.201 agressions en 2012 = + de 3 par jour en France métropolitaine

Vols à main armée – de juillet 2012 à juillet 2013, visant les établissements commerciaux (supérettes, pharmacies, cafés, épiceries, etc.)
Villes (« zone police ») : + 7 %
Campagnes (« zone gendarmerie ») : + 12,9 %
À Marseille en 2011 (source, Parquet de Marseille) + ou – 600 braquages en un an !

Attaques des DAB (distributeurs de billets) à l’explosif : + 73 % sur un an

Pillage des campagnes – explosion des pillages de fermes, d’exploitations, etc. par des nomades le plus souvent : Le Monde du 22/08/13 « Les agriculteurs exaspérés et démunis face aux vols sur leurs exploitations », etc.

Cambriolages – Un millier de cambriolages par jour en France en 2013 – 1 toutes les 90 secondes – 23.300 cambriolages de plus en un an !
De 2008 à 2013, les cambriolages en France : + 43 %
Cambriolages à la campagne (« zone gendarmerie ») août 2012 – août 2013 : + 11 %. Les gendarmes signalent une « flambée des affaires de pillages en série »
Cambriolages en ville (« zone police ») août 2012 – août 2013 : + 7 %

Vols dans les lieux publics (avec ou sans violence) sur des particuliers de mai 2012 à mai 2013 : + 13 %

Dans les cités hors-contrôle et alentours, sans un mot des médias officiels, la violence mute doucement en un véritable terrorisme des rues, visant à épouvanter la population d’abord, et à la soumettre ensuite. Nul chef d’orchestre secret, ni organisation, mais de jeunes barbares ayant flairé que tous les coups sont permis et que plus on cogne fort et plus on peut dealer et voler tranquilles. Voyons les faits.

Policiers, gendarmes et pompiers lynchés, écrasés par les voitures de voyous. À la plage, des tentatives de noyer des policiers secouristes. Des pompiers agressés en secourant des victimes. Des innocents égorgés « pour un coup de klaxon », « pour un mauvais regard », « pour un refus de cigarette » ; ou pour avoir emprunté au mauvais moment une rue de Marseille. Une balle dans la tête « pour un refus de priorité ». D’autres sont mitraillés à la kalachnikov « pour une gifle ».

• À Sevran (93), des dealeurs font sauter un bâtiment à l’explosif « immeuble évacué… Plusieurs portes arrachées… Vitres soufflées ».
• Lors du déraillement mortel de Brétigny (13 juillet 2013), les victimes ensanglantées sont dépouillées par des voyous et le Samu caillassé…

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Il enseigne dans les universités Panthéon-Assas (Paris II), George Mason (Washington DC) et Université de Sciences politiques et de droit (Pékin)

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