Culture - Editoriaux - Education - Histoire - Table - 22 octobre 2016

Voyages scolaires : forment-ils réellement la jeunesse ?

Pour reprendre la métaphore journalistique, le marronnier qui ombrage aujourd’hui la cour des écoles est le voyage scolaire. Comme chaque année, à pareille époque, tombe le calendrier des voyages organisés par l’immense majorité des établissements libres ou publics, de l’école primaire jusqu’aux lycées. (Dieu merci, on n’a pas encore prévu de promener les enfants des maternelles !)

Et de rentrée scolaire en rentrée scolaire, le catalogue des destinations s’élargit (Auschwitz reste quasi obligé, New York bien fréquenté, la Chine très tendance), le temps qu’y consacrent les enseignants s’accroît et ce, d’autant plus qu’ils y trouvent là un dérivatif aux difficultés de leur métier.

Que la profession d’enseignant prête à l’ennui, voire au découragement, on le conçoit ! Qu’un jeune déculturé aille rencontrer son semblable au village-planète, on l’admet ! Que les plus beaux sites ou les plus beaux paysages échappent à des regards uniquement concentrés sur des tablettes ou des iPhones, on ne le sait que trop ! Mais que ces voyages introduisent dans la communauté éducative des ferments de discorde et une discrimination, c’est évidemment insupportable.

Nous avons l’exemple d’une classe de terminale à laquelle est proposé un voyage à New York. En sus d’autres financements associatifs ou publics, il est demandé aux élèves, donc à leurs parents, une participation supérieure à 800 €. Naturellement, tous ne pourront suivre et la classe va se retrouver divisée : les deux tiers arpenteront, la tête en l’air, les trottoirs de cette ville-monde si peu représentative de la culture américaine, tandis que le dernier tiers reprendra, tête baissée, le chemin des cours et des études.

En matière de ségrégation par l’argent, on ne fait pas mieux, même si la tête de ceux qui restent risque, après tout, d’être aussi pleine et mieux faite que celle de ceux qui partent… Mais le problème, malheureusement, n’est pas là. Jamais ne sont mesurés l’efficacité, le rendement pédagogique de tant d’efforts. Comme avec l’enseignement professionnel, l’Éducation nationale (et son clone l’enseignement libre) court après des chimères. Voilà qu’avec le voyage scolaire, elle se met en quête de faire découvrir le monde à une génération, qui, la première sans doute dans l’histoire des hommes, aura toutes les possibilités de voyager vite et loin… et ne s’en prive déjà pas !

Est-ce que ces voyages renforcent les savoirs de nos « chères têtes blondes » ? Est-ce qu’elles en reviennent plus férues d’histoire ou de géographie ? Est-ce qu’elles mesurent l’étrangeté de l’étranger, et la spécificité de leur pays ? Rien n’est moins sûr ; nul ne le sait. L’essentiel n’est, d’ailleurs, pas de passer des frontières mais de passer le temps. L’école est, pour ses servants comme pour ses usagers, trop ennuyeuse pour qu’on ne l’agrémente pas de ces voyages prétextes, de ces voyages bidon qui ne servent à rien, dévalorisent le principe même du voyage et privent à jamais ces adolescents et futurs adultes de l’émotion et du plaisir qu’on ressentait à chercher l’inconnu au-delà de l’horizon.

Finalement, le voyage est chose trop sérieuse pour le confier à des pédagogues en mal d’ennui ou à des collégiens sans curiosité !

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