Editoriaux - Histoire - Politique - Presse - 17 mars 2018

Voyage des Macron en Inde : Paris Match au bord du nirvana

Il est à craindre que les journalistes de Paris Match chargés de relater le voyage des Macron en Inde aient été sous l’empire de substances hallucinogènes au moment d’écrire leurs articles… Ou ensorcelés.

Sous le cliché représentant le couple devant le Taj Mahal, le rédacteur inscrit (avant de s’évanouir de bonheur) : « Pour les Indiens, Macron mérite plus que jamais le titre de Macron le majestueux. » Une équipe de réanimation se porte au chevet du bienheureux qui peut donc continuer à essaimer ses commentaires telles des fleurs répandues sous les pas de saint Emmanuel et sœur Brigitte. « Brigitte Macron promène avec classe l’élégance française. » « Un parcours sans faute. » « De la petite robe rose à la tenue de cocktail en dentelle », le tout « 100 % signé Louis Vuitton »… Tout est garanti hors de prix ! C’est extraordinaire ! Elle ne pouvait pas trouver fringues plus chères ! Quelle femme !

Emporté par sa joie ou sous l’empire de produits bizarres, le ravi de la presse française perd le contrôle de son stylo et pond le très grand commentaire qui fera date dans l’histoire du journalisme :

Même les chèvres de la capitale s’inclinent sur son passage.

Le rédacteur en chef de Paris Match tombe à genoux, les secrétaires se signent tandis que les actionnaires appellent le Vatican pour signaler l’événement.

« Publiez l’interview d’une des chèvres », hurle le directeur. « On l’a pas ? Ah zut… » Chacun s’attendait plutôt à un émerveillement des cochons d’Inde, mais ils n’avaient pas été prévenus de l’arrivée du Messie. La seule fausse note du voyage.

« Au pays du dieu Shiva aux mille bras, la diplomatie du “en même temps” si chère à Emmanuel Macron fait merveille. » Poignées de mains à Shiva : une demi-heure. Il n’a pas eu le temps… Le parallèle Dieu-Macron est clair. Les produits ingérés par le rédacteur sont un peu surdosés. Les yeux exorbités, il continue toutefois l’écriture de son ode au tout-puissant : « Mais Emmanuel Macron veut imposer sa façon de faire, celle d’un leader qui imprime sa marque sur la planète géopolitique. » Jusque-là, tout va bien. La suite, hélas, part en figure libre : « Pour cela il est prêt à donner de sa personne. Samedi 10 mars il a tombé la veste et relevé les manches de chemise pour “vendre” la France. » Arrivé à ce point, l’halluciné de Paris Match confond strip-tease et commerce extérieur. En revanche, Brigitte garde sa jupe. En de pareilles circonstances, n’est-ce pas le signe d’un manque d’adhésion au projet ?

Emmanuel Macron ne quittera pas l’Inde sans avoir délivré les clés de la réussite à l’adresse de la jeunesse du pays : « Just do it! Ne respectez pas les règles. » Trichez aux examens, volez la copie du meilleur, foncez dans le tas et, avec un peu de chance, vous parviendrez un jour à écrire des articles dans Paris Match… Cannabis, cirage et brosse à reluire fournis par la direction. Depuis cette révélation, les étudiants indiens n’ont plus de goût à rien.

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