Le voile et Marine Le Pen : à Rome, fais comme les Romains…

Marchand de vins et écrivain
 

« À Rome, fais comme les Romains… »

Cette phrase, attribuée à Ambroise de Milan avant le voyage de saint Augustin à Rome au IVe siècle, est pour moi la quintessence des bonnes manières des visiteurs lorsqu’ils se déplacent à l’étranger. Saint Augustin demandait à son interlocuteur si le jour de repos hebdomadaire devait se prendre le samedi, comme à Milan, ou le dimanche, comme à Rome, et ce, afin de ne pas froisser la « gentry » locale.

Nous luttons aujourd’hui contre la mondialisation des mœurs, des traditions et des coutumes, et l’accroc protocolaire de Marine Le Pen ne va pas dans le sens de cette démarche.

Dans le cadre de ce combat, le respect des dignitaires religieux et de leurs traditions doit s’inscrire en lettres d’or sur le fronton de cette démarche à l’heure où les religions sont instrumentalisées à des fins politiques.

À partir du moment où la présidente du Front national a exprimé le désir de rencontrer le grand mufti du Liban, chez lui, dans son pays, elle se devait de respecter cette règle. Son entourage, qui n’est pas né de la dernière pluie diplomatique, avait le devoir de ficeler cette visite protocolaire pour qu’on n’arrive pas au quiproquo qui a fait que le chef pensait que… croyait que… N’ayant pas eu de réponse négative des autorités sunnites au sujet de son refus annoncé de se couvrir la tête en face du grand mufti, elle a traduit cette absence de réponse par une acceptation tacite de ces mêmes autorités, ce qui constitue un à-peu-près pas très professionnel.

Cette attitude fait un peu désordre dans le paysage de cette première visite, d’autant plus que toute cette affaire s’est réglée mano a mano, si on peut dire, Marine Le Pen ayant ostensiblement tourné le dos à l’officiel qui lui présentait le voile, le tout dans une ambiance de palabres et de marchandages de dernière minute plus dignes d’un souk que d’une visite officielle bien organisée…

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