Audio - Editoriaux - Entretiens - Société - 29 septembre 2018

Vincent You : « L’État a déserté et trop nombreux sont ceux qui sont arrêtés un jour et libérés le lendemain »

Une bande de trente jeunes, munis de battes de baseball et de sabres, a attaqué un bus dans la ville d’Angoulême ce mercredi.

Pour Boulevard Voltaire, Vincent You, adjoint au maire d’Angoulême, analyse les raisons de cette recrudescence de la violence.

Ce mercredi matin, une trentaine de jeunes s’en sont pris à un bus dans le centre d’Angoulême. Ils étaient armés de battes de baseball et de sabres japonais.
Ce genre de malveillance a-t-il tendance à se répéter ?

Ce n’est pas propre à Angoulême. Quand on écoute la radio, on parle de Grenoble, de Garges-lès-Gonesse et de Rodez sur des faits à peu près similaires. Nous avons un certain nombre de quartiers où il y a des multiplications de problèmes, de tensions et de calliassage de bus.
Nous avons passé un palier qui, symboliquement, montre l’ampleur du désastre.

Tous les chiffres démontrent que cette violence du quotidien se multiplie. Que faites-vous pour enrayer cette spirale à votre niveau ?

Nous avons augmenté les effectifs de la police municipale de manière très importante. Nous avons armé nos agents pour qu’ils puissent être hors de danger et qu’ils n’aillent pas en mission la peur au ventre.
Le problème est que l’État fait défaut. Il a démissionné de ses prérogatives de base. L’une des définitions de l’État était de dire que c’était lui qui avait le monopole de la violence légitime. Lorsque nous voyons trente gamins qui se permettent de faire régner l’ordre dans la ville en bousillant un bus avec des sabres, nous voyons bien que l’État a déserté.

À quoi attribuez-vous cette recrudescence de violence ?

Je ne saurais pas dire pourquoi il y a une visibilité plus forte ces derniers temps. C’est, malheureusement, un vieux sujet.
Les sociologues parlent depuis longtemps de nos quartiers. Ils expliquent qu’il y a deux façons de faire régner l’ordre. Soit c’est autour de l’imam, soit c’est autour des caïds. Dans ce cas présent, nous sommes dans la version du petit caïdat où les bandes s’entre-tuent ou, en tout cas, cherchent à prendre le dessus. C’est un grand sujet.
Le problème de fond est la diminution des effectifs de la police nationale, d’une part, et, d’autre part, la grande crise de la Justice. On sait bien que trop nombreux sont ceux qui sont un jour arrêtés et libérés le lendemain.

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