Culture - Editoriaux - Musique - Religion - Santé - 20 juillet 2018

Viande : les bobos font de bons gogos !

L’aveu me coûte, mais je confesse que je regarde parfois Arte pour ses films. Pour mardi soir, toutefois, je n’ai d’autre excuse que la curiosité malsaine pour les trois émissions d’un festival écolo de la série Thema. Le premier sujet, « Pesticides et santé : l’équation sans solution », s’ouvrait sur un musée des horreurs d’images animalières, avec des porcelets à six pattes ou à l’œil au milieu du front, que son éleveur allemand – faisant fi de toute présomption d’innocence – attribuait péremptoirement au glyphosate utilisé pour la culture des céréales dont ses cochons s’étaient nourris.

Puis, départ pour les monocultures de colza en Argentine. Là, ce sont les hommes (et les enfants) qui seraient victimes des pulvérisations aériennes dont les frappes ne semblent pas toujours chirurgicales. Mais on comprend vite que plus que les produits, ce sont en réalité les mesures de protection les plus élémentaires des manipulateurs qui font défaut. Alors, ces handicaps, toxiques ou génétiques ? « La question demeure », conclut Arte ; mais on sent que sa religion est faite, et qu’elle nous la prêche. Mais craindre de consommer de la viande d’animaux nourris aux OGM est aussi logique qu’avoir peur de prendre une balle parce qu’on mange du chevreuil abattu à la carabine !

La deuxième séquence, « Voyage au bout de la viande », justifierait, s’il en était besoin, la réaction de toute personne sensée devant les kebabs, un vaste détour, tant leur barbaque est la quintessence d’une suite de tripatouillages et de recongélations. C’est clair, quand même les fabricants de nourriture pour poissons rouges n’en veulent pas, on en fait du kebab ! Quand à une simple barquette de farce à tomates de supermarché, on y trouve mêlées – de l’aveu même du fabricant – les viandes de pas moins de 150 porcs et 60 bovins (comme un samedi soir dans une boîte échangiste !).

Mais l’obsession d’Arte, c’est la traçabilité. Sur la musique du méchant poursuivant Jason Bourne dans les thrillers, on voit au début les bêtes « étiquetées à l’oreille » (allusion limpide aux tatouages des heures les sombres…), mais au fil des transformations, « la traçabilité devient impossible ». Mais si sa viande est saine, que nous importe qu’un bœuf soit né en Hongrie, engraissé en Roumanie, abattu en Allemagne, conditionné en Hollande et vendu en France ? Je m’intéresse plus au certificat final de nos services vétérinaires qu’au carnet de voyage du bestiau…

Ce qui est curieux, pour un média aussi européiste qu’Arte, c’est qu’il devient tout à coup ultranationaliste quand il s’agit de boustifaille. La viande sans papiers, vade retro, fermons les frontières, enfoncés les Identitaires !

Le scandale de la « contamination » des lasagnes par de la viande de cheval est ensuite présenté pratiquement comme un crime contre l’humanité, avec le mot « intoxiqué » revenant en boucle, comme pour du gaz sarin. Pour certains amis de la plus belle conquête de l’homme, l’absorption d’une seule de ses particules les vouerait apparemment à une damnation aussi éternelle que celle d’une côte de porc pour un salafiste, mais de là à parler d’intoxication !

Ce qui fait le lien avec le troisième volet de la soirée, « Les animaux ont-ils des droits ? ». Bien sûr, toute personne douée d’un minimum de sensibilité préfère que les bêtes soient élevées dans un minimum de confort et abattues le moins douloureusement possible. Mais on arrive vite au vegan, dont le salon alimentaire prouve, en tous cas, que le business ne perd jamais ses droits : les bobos font de bons gogos ! Toutefois, quand on demande au gourou de la secte vegan ce qu’on ferait de tous les animaux d’élevage au cas où nous deviendrions tous adeptes, il y a comme un trou noir…

Conclusion générale : il serait possible de se passer d’OGM, de pesticides et des multinationales agroalimentaires, mais à condition de payer 3 euros pour un yaourt et 150 pour un kilo de bœuf.

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