Venezuela : vers le collapsus ?

Écrivain
 

De jour en jour, l’aggravation de la crise politique mais aussi ses composantes sociales, sanitaires et économiques transforment progressivement le Venezuela en véritable « cour des miracles »… Un chaos généralisé, la débrouillardise poussée au mépris de toute relation humaine, les pillages qui se multiplient, pendant ou en dehors des manifestations, quasi quotidiennes, dans toutes les grandes villes avec des barrages sur les grands axes du pays, des affrontements de type guérilla avec les forces de l’ordre.

Aux frontières, comme par exemple celle qui jouxte la ville colombienne de Cúcuta, c’est une véritable marée humaine vénézuélienne qui se rend quotidiennement pour aller chercher ce qui manque au Venezuela, c’est-à-dire tout… Pour sa propre nécessité et/ou pour alimenter les trafics en tous genres, avec régulièrement des descentes de la Garde nationale vénézuélienne, qui vient alors spolier les plus faibles… un état de déliquescence qui atteint tous les services publics, qui fonctionnement désormais au ralenti.

Un pays à l’arrêt, vers le collapsus. Pour autant, malgré les condamnations internationales, malgré une opposition qui ne faiblit pas, malgré une inflation record, Nicolás Maduro continue de manœuvrer pour se maintenir au pouvoir coûte que coûte ! Et ce, grâce au soutien de l’armée et du ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino López.

Personne, au sein des forces armées vénézuéliennes, ne semble vouloir prendre la responsabilité d’un début de contestation vis-à-vis du pouvoir. Rappelons que près de trente militaires sont toujours incarcérés dans les prisons vénézuéliennes, et que plus de dix d’entre eux encourent, pour « traición a la patria », une peine de plus de vingt ans !

D’autant que l’une des grandes figures du chávisme, le très populaire général Raúl Isaías Baduel, ancien ministre de la Défense, l’homme qui a ramené au pouvoir Hugo Chávez lors des événements du 11 avril 2002, mais aussi celui qui s’est éloigné de lui pour des raisons de divergence politique et qui, sans état d’âme, a été condamné ensuite à une peine de huit ans d’emprisonnement pour « enrichissement illicite », aurait dû être remis en liberté début mars alors qu’il était de nouveau incarcéré et immédiatement déféré devant un tribunal militaire pour « complot et trahison » !

Mais, cependant, c’est bien du côté des chávistes historiques que les résistances sont en train de s’organiser. Ainsi madame Luisa Marvelia Ortega Díaz, procureur général du Venezuela, qui après avoir fustigé la création de l’Assemblée constituante, en estimant qu’elle n’était pas « nécessaire, appropriée ou souhaitable » puis contesté devant la Cour suprême de justice le projet d’Assemblée constituante, vient de dénoncer publiquement la violence de la répression des manifestations et déposer un recours contre la désignation des magistrats par le pouvoir.

Une « révolte » qui n’est pas du goût de ses anciens camarades qui, devant ces assauts répétés, demandent à l’instar du député Pedro Carreño une enquête sur sa « insania mental » (folie mentale) !

Et, bien entendu, de réclamer sa destitution si la réponse était positive…

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