Un débouché pour le 17 novembre : le référendum d’initiative populaire !

Machiavel a écrit qu’il fallait toujours soutenir le « popolo minuto » contre les agissements du « popolo grasso », non pas parce qu’il serait par nature supérieur à ce dernier du point de vue moral mais parce qu’il refuse d’être dominé, tandis que le « popolo grasso » veut toujours dominer et donc limiter les libertés du plus grand nombre. Pour le Florentin, les vrais républicains, au nombre desquels il se comptait, sont toujours du côté du « popolo minuto » parce qu’ils cherchent à réduire, dans les limites du possible, les rapports de domination qui ne cessent de renaître au sein des sociétés humaines. Machiavel pensait que les évolutions les plus bénéfiques des sociétés procèdent toujours des conflits entre les deux parties du peuple. Il illustra cette opinion en commentant la création du tribunat de la plèbe, qu’il considérait comme la plus grande innovation de la République romaine ; celle-ci avait été accordée par le Sénat à la suite du fameux retrait de la plèbe sur l’Aventin en 494 avant J.-C., lequel intervint au moment où une grande menace militaire imposait la mobilisation générale. La plèbe ne céda pas et obtint ce qu’elle voulait ; la République romaine fit ainsi un grand pas en avant en garantissant, par la suite et grâce à cette innovation, les libertés du « populus ».

Nous sommes dans une situation qui n’est pas sans rappeler la situation dans laquelle était la Rome républicaine en 494 avant J.-C. Le pouvoir était alors totalement entre les mains des patriciens, qui n’octroyaient des droits et des libertés à la plèbe que de manière très parcimonieuse. De nos jours, le système représentatif est à bout de souffle. Les Français ne supportent plus ni les politiciens qui confisquent le pouvoir politique, ni la classe médiatique qui dénonce toute critique du système représentatif comme étant « populiste ». Cette crise de la représentation finira par provoquer des dégâts si elle n’est pas traitée en profondeur et le seul traitement acceptable ne peut être que le passage à la démocratie référendaire. Le référendum d’initiative populaire est la seule institution qui permettrait de donner réellement le pouvoir politique au peuple. En l’absence d’une telle réforme de fond, nous pouvons craindre l’apparition de mouvements politiques favorables à des solutions politiques autoritaires ; un sondage Europe 1 du 31 octobre 2018 indique que 41 % des personnes interrogées ont dit être totalement d’accord ou plutôt d’accord avec l’instauration d’un régime autoritaire et d’autres sondages moins récents indiquaient déjà une telle tendance.

Je ne sais pas si le mouvement du 17 novembre aura une suite, mais il faut espérer qu’il en ait une et qu’il sache se saisir du thème du référendum d’initiative populaire (74 % des Français sont favorables à son adoption mais aucun parti politique ne le met en avant !). Robert Michels disait déjà, il y a plus d’un siècle, que les partis politiques sont, par nature, des organisations oligarchiques. Les partis politiques sont très méfiants à l’égard de l’expression directe de la volonté populaire, laquelle pourrait avoir pour effet de réduire les avantages dont leurs cadres bénéficient aujourd’hui.

Le référendum d’initiative populaire pourrait être à notre pseudo-République ce que fut la création des tribuns de la plèbe à Rome.

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