Editoriaux - Internet - Justice - Politique - Société - 23 février 2015

Tu ne feras point d’amalgame !

J’ai ajouté au Décalogue un onzième commandement : Tu ne feras pas d’amalgame, et mets un point d’honneur à l’observer.

Mais malgré tous les efforts pour dissocier, éviter, détourner, euphémiser… « ça s’amalgame » quand, chaque jour, pleuvent les nouvelles (merci Internet, empêcheur de s’abriter en rond) – décapitations, crucifixions, bûchers, viols, esclavage, attentats, meurtres, insultes, manifestes, et débarquements de masse, submersion désormais revendiquée ; quand toutes les dénégations des bien-pensants sont balayées par la vague du réel, quand les charlots de chez Charlie, ouvrant les yeux, voient le diable à leur porte.

Pour le dire autrement, c’est comme l’image dans le tapis qui prend forme malgré ceux qui s’efforcent de défaire, la nuit, les amalgames qui se sont tissés la veille, et dont le dessin est de plus en plus visible. Alors, pour nous distraire, on nous jette en pâture les affaires de cul/cœur, DSK et Cinquante nuances…, un étalage de turpitudes revendiquées d’une part – mais la justice « n’a pas à s’occuper de morale », n’est-ce pas ? – de l’autre un éventail : un p’tit coup montré, un p’tit coup caché. Au malheur des femmes (tarifées) d’un côté, au bonheur des femmes (libérées) de l’autre. Allez, Français, occupez-vous de votre sexe et laissez tomber la politique, le chômage, le remplacement petit ou grand ! On raille les Byzantins qui, selon la légende, discutaient du sexe des anges quand l’ennemi était aux portes. Que faisons-nous d’autre ? Sauf qu’il ne s’agit plus des anges, mais des mortels, hommes, femmes et plus si affinités.

Plus troublantes, toutefois, des défenses de DSK qu’on lit ici ou là : revanche des hommes, des vrais, sur une société féminisée, qui étouffe la virilité. Le sexe « rude » caractériserait les siècles heureux de la fierté masculine, qui s’épanouit sans doute dans le « troussage de domestique ». Au-bonheur-des-dames passe par la réactivation de la Philosophie dans le boudoir propre à déniaiser les donzelles (leçon essentielle de l’ouvrage : pour ôter aux filles toute inhibition, leur apprendre à mépriser leur mère). On en reste sans voix. C’est là vraiment la leçon de notre civilisation, gréco-romaine puis chrétienne ?

D’Homère à Chrétien de Troyes, du Cantique des Cantiques à Pétrarque, pour parler d’époques où apparemment les hommes ne doutaient de leur virilité, était-ce bien le sexe « rude » que l’on prônait, célébrait comme gage d’une identité heureuse ?

Un nouveau motif peut-être dans l’image du tapis : derrière cette défense du héros du Sofitel et cette mâle résistance aux tentatives de castration se profile comme une obscure fascination pour les disciples du prophète, qui savent mettre les femmes à leur vraie place (voir Houellebecq). Comme si l’héroïsme solaire du champ de bataille avait pour revers nocturne l’abattage (à tous les sens) des femelles subjuguées.

Oups ! flagrant délit d’amalgame : mea culpa !

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