Editoriaux - Politique - 27 juillet 2018

Tu l’auras cherché, Manu !

« Non, non, non, non, non, non, tu ne m’appelles pas comme ça, tu es dans une cérémonie officielle, il y a “La Marseillaise”, tu m’appelles Monsieur le Président de la République, tu apprends à avoir un diplôme et te nourrir toi-même et, à ce moment-là, tu donneras des leçons aux autres ! » Cette remise à sa place d’un boutonneux, voulant être célèbre auprès de ses égéries collégiennes sur un réseau social quelconque, de la part du président de la République n’était que chose normale ; surtout à cette époque où ces mêmes collégiens, voire écoliers, désormais, se permettent de bafouer toute autorité professorale, comme toute autorité parentale !

Mais comment ces mêmes gamins peuvent-ils comprendre la cohérence de ces propos avec certains autres actes : un chef de l’État être interrogé par deux journalistes sans qu’aucun ne l’appelle sous son titre, un chef de l’État inviter à l’Élysée un groupe de prétendus chanteurs, de prétendus danseurs, d’autoproclamés pédés, en transe, puis poser au milieu de cet échantillonnage dans une tenue indécente qui ne respecte ni le lieu, ni la fonction ? A-t-il demandé à ces gens leurs diplômes avant qu’ils aient ces attitudes équivoques et ces slogans si peu littéraires ? A-t-il fait de même avec les Bleus qui le bousculaient et le malaxaient ? Leur a-t-il demandé de la retenue ? Leur a-t-il demandé si il n’y avait pas d’indécence dans les salaires mensuels de chacun d’eux et dans une prime de match qui leur permet, d’un coup, de se payer une villa que ne peuvent avoir nombre de Français en une vie ?

Et à ce Benalla de 26 ans, sorti de nulle part, si ce n’est d’une salle de gonflette pour épater ses potes de cité, lui a-t-il demandé ses diplômes pour qu’il gravisse les grades dans la gendarmerie bien plus vite que n’importe quel militaire ? Et pour prétendre à une sous-préfecture ? Et pour donner des ordres à policiers comme gendarmes ? Et pour molester des trublions à leur place ? Et pour avoir badge d’entrée dans l’Hémicycle, insigne du GSPR, port d’armes, voiture avec gyrophare, logement de fonction quai Branly, pour toucher salaire mensuel laissant rêveur sans sanctions ? Parce que tous les plus hauts responsables de la sécurité, les préfets et directeurs, le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur, eux, ne les ont pas demandés ; ils ne savent absolument rien de lui, d’aucuns ne l’ont même jamais vu, mais tous se doutaient que, très certainement, leur Président avait fouillé le CV de ce jeune homme au-dessus de tout soupçon pour qu’ainsi, ce dernier puisse devenir… le premier ! S’il ne l’avait pas fait avant de le recruter aux présidentielles, il l’a fait obligatoirement pour un poste officiel à l’Élysée. Bien évidemment oui ! Ou alors, après sa démonstration d’homme fort à la Contrescarpe, c’est sûr…

L’ascenseur social allant directement au sommet sans s’arrêter aux différents étages, il va être totalement impossible de convaincre un gamin d’apprendre ses leçons, de savoir lire, écrire compter et passer ses examens pour réussir. Il y avait déjà les trafics de toutes sortes pour gagner beaucoup d’argent avant l’heure. Il y aura désormais toutes ces promotions par la bande !

Mais, après tout, comme nous ne sommes pas les supporters du parti mais les alcooliques, les illettrés, les fainéants, les extrémistes, les lépreux, les cyniques, ceux qui ne sont rien, restés sur le quai d’une gare, nous viendrons te chercher, Manu !

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