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Trump, ou le sens de l’Histoire…

Cadre culturel
 

La notion de « sens de l’Histoire » n’est pas la propriété de Karl Marx ni des bobo-gauchistes qui ont une emprise sur les Français depuis l’après-guerre. On pourrait, avec délectation, chatouiller leurs neurones encrassés en leur démontrant qu’ils n’ont justement rien pigé au véritable sens de l’Histoire, la vraie, celle que nous vivons depuis la chute du rideau de fer. Maritain appelait ça la métahistoire, comme il y a une métaphysique ou une métadonnée.

Dans une récente émission de Radio Notre Dame, le journaliste et essayiste russophone et orthodoxe Victor Loupan a émis une hypothèse intéressante empruntée à Fukuyama : selon lui, l’élection de Trump (dont il ne se fait pas le chantre, loin de là) pourrait avoir un impact sur l’histoire du monde occidental comparable à l’action de Gorbatchev sur le monde soviétique : une action libératrice.

Il va sans dire que son intervention a jeté un froid sur le plateau de journalistes chrétiens, dont la plupart devaient être soit fillonistes soit cathos de gauche à la sauce Poissons roses.

L’hypothèse de Loupan rejoint tout à fait une idée qui m’est chère selon laquelle, après la chute du rideau de fer, nous sommes en train d’assister à la chute du rideau d’argent. Mais, contrairement à la première, la chute du rideau d’argent prendra plus de temps et sera plus dure car le contexte est infiniment plus pernicieux, compte tenu de l’hégémonie et du pouvoir quasi absolu – politique, culturel et médiatique – de la partie adverse. Cette chute se fera par étapes successives, sauf accélération de l’Histoire, car on peut toujours s’attendre au pire : on a déjà vu des guerres déclenchées par intérêt financier.

Qu’est-ce que la chute du rideau d’argent ? C’est l’effondrement de toutes les fausses valeurs (on peut mettre beaucoup de choses là-dedans, depuis le casino financier jusqu’à l’art contemporain). Remettre en cause ce principe ne plaît pas à tout le monde.

Beaucoup de gens de la droite « hors les murs » ou de la droite « éternelle » tirent à boulets rouges sur Marine Le Pen, craignant pour leur argent, leurs fonds de pension, leurs dividendes, leurs actions – appelez ça comme vous voudrez – qui seraient mieux utilisés à faire des petits au Luxembourg, le pays de Juncker (le roi de l’imposture et de la biture) qu’à payer des routes, des écoles ou soigner les gens.

Ça les regarde, mais à leur place, j’émigrerais tout de suite dans ces paradis des illusions bientôt perdues car le sens de l’Histoire est contre eux.

Sarko l’avait bien compris, qui clamait haut et fort que le programme de Marine Le Pen, c’est Mélenchon en pire. Sarko s’est planté. On n’en entendra plus jamais parler.

Il est vrai que Trump a un côté voyou qui déplaît viscéralement à Finkielkraut (l’académicien en a même perdu sa belle faconde en le traitant de con dans Causeur). La fougueuse Élisabeth Lévy, sur RCJ, lui fait justement remarquer qu’Obama, aux mœurs et à la langue bien policées, au look impeccable et charmeur, prix Nobel de la paix (s’il vous plaît !), a bien roulé tout le monde dans la farine, et qu’importe si la langue et le look de Trump ne nous plaisent pas s’il fait ce qu’il annonce : s’occuper des Américains first.

D’ailleurs est-ce qu’il ne faut pas être un peu voyou pour oser s’attaquer aux empires de la finance et des médias ? David contre Goliath était-il bien élevé ?

J’en connais beaucoup, en mai prochain, qui vont regretter amèrement d’avoir ramé contre le sens de l’Histoire.

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