Discours - Editoriaux - International - 3 avril 2018

Trump propulsé par une popularité record : pour quoi faire ?

Ses patrons de l’État profond croyaient pourtant bien le contrôler après l’avoir roulé dans la farine en lui faisant signer un budget dans lequel ses promesses électorales en matière d’immigration (dont le mur) étaient annulées de façon irréversible…

Trump, trop confiant dans le succès de ses baisses d’impôts, vient de réaliser que la révolution lancée par les ONG caritatives depuis 2016 vient de mettre le turbo : affaires sexuelles, révolte orchestrée contre les armes à feu, cités sanctuaires de l’immigration illégale ont bien sûr pour objectif de gagner les législatives de novembre : faire voter les jeunes (qui votent peu mais sont majoritairement « socialistes » et hostiles aux « privilèges blancs »), dégoûter les femmes blanches (qui votent « mal ») et faire inscrire un maximum d’illégaux sur les listes électorales (seuls quatre États sur cinquante exigent une preuve de nationalité pour s’y inscrire).

Cependant que l’État profond avançait à pas de géant vers le boycott universel de la Coupe du monde qui se tiendra en Russie, pour ce faire, l’œil rivé sur une confrontation directe avec Poutine sur un menu de choix : Syrie, Baltique, Ukraine, Corée. La routine, quoi… Or, Trump s’est fait violemment fustiger par de très nombreux soutiens, en particulier par la très influente pasionaria Ann Coulter, qui l’a descendu en flammes, soulignant son incurable ignorance à ne pas savoir se servir de ses pouvoirs constitutionnels comme son absence de colonne vertébrale, avec un trait qui fait mal : « Il est obsédé par l’idée de plaire à Goldman Sachs ! » Bref, le trumpisme s’est révolté contre Trump, en crescendo.

Il lui fallait réagir, sentant le vent du boulet. Sur la Russie, il a titubé : un coup je félicite Poutine pour son élection, un coup je renvoie 60 espions russes (mais à condition que les Européens fassent de même), un coup je signale que les 60 peuvent être remplacés par d’autres… jusqu’à ce que les Russes confirment avec une patience d’ours que Trump avait invité Poutine à Washington, ce qui fait boum !

Lors d’un récent discours de province, le voici, ensuite, qui avance d’un pas mieux assuré, revenant aux thèmes de sa campagne : on va se retirer de la Syrie « très vite ». Il donne alors instruction au département d’État de geler les fonds de reconstruction en Syrie. Puis il tente de coincer le général Mattis en incluant la construction du mur dans les priorités de défense nationale afin de grappiller des fonds désormais inaccessibles. Et, enfin, il lance ses attaques tarifaires contre la Chine.

Bref, Trump a tenté l’approche discussion directe avec Kim Jong-un, puis avec Poutine, tout en faisant montre de fermeté verbale avec la Chine, diabolisant l’Iran et gavant le prince ben Salmane Al Saoud d’armements qui seront ensuite stockés, faute d’effectifs capables de les exploiter. Pour finir, il promet donc aux Américains de quitter la Syrie afin de développer économiquement les États-Unis. Et sa popularité monte : ce 2 avril, il atteint 50 % d’opinions favorables (mieux qu’Obama à la même époque).

Alors pourquoi vient-il de se constituer un « cabinet de guerre », si virulent que le général Mattis y apparaît soudain comme un modéré ? Confronté à un Congrès qui travaille à mi-temps, un État profond mortellement hostile et le puissant lobby des frontières ouvertes, Trump ne fait que se débattre, feignant d’organiser ce qu’il ne contrôle plus, pas même l’immigration. Un roi nu ?

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