Trump, le KKK, les suprémacistes « et en même temps » les universités…

Ecrivain, musicienne, plasticienne
 

Il est fatigant, ce Trump ; très fatigant, même. La grande carcasse aux cheveux filasse ne nous laisse pas en repos. Change d’avis plus vite que son ombre. Dit une chose et, le lendemain, son contraire, puis le contraire du contraire… Joue avec nos nerfs, menace la planète d’une guerre atomique, veut fesser le président Maduro, se fout toute l’Amérique latine à dos et offre au Vénézuélien qui n’en demandait pas tant son martyre sur un plateau.

L’Amérique blanche et le Ku Klux Klan, le bon vieux KKK, ses bonnets pointus sortis des années cinquante à côté des drapeaux nazis sortis des année trente… On se pince. Ils se cognent. Et les autres, en face, qui clament « Nous sommes gay ! ». Vu d’ici, ça décoiffe…

Pendant qu’on s’écharpe à Charlottesville et que Trump met la planète au bord de la crise de nerfs, il se murmure avec beaucoup d’insistance que le petit génie Marc Zuckerberg, cofondateur et PDG de Facebook, a d’ores et déjà entrepris la longue marche vers la Maison-Blanche. Il fait le tour du pays, est passé déjà dans l’Idaho et l’Iowa, milite pour le revenu universel, a embauché pour son périple des anciens conseillers de Clinton et d’Obama. Il a le temps pour lui, l’âge (36 ans) et les moyens. Surtout, nous dit-on, « il est en phase avec sa génération ». Mieux : « C’est le Macron américain. » (sic). La fortune personnelle en plus, ce qui est un atout certain aux États-Unis : 71,1 milliards de dollars à ce jour, avec une hausse de 11,4 milliards en 2017 (l’année n’est pas finie), ce qui l’a fait entrer dans le top 5 des personnes les plus fortunées au monde.

Comme ses très riches compatriotes, fidèle à la tradition de philanthropie de son pays, Zuckerberg a créé, en 2015, sa fondation, la Chan Zuckerberg Initiative. Il expliquait alors : « Cela nous permet [avec son épouse] de poursuivre notre mission en finançant des organisations à but non lucratif, en réalisant des investissements privés et en participant à des débats politiques – dans chacun de ces cas, notre but restera toujours d’avoir un impact positif sur des secteurs en besoin. » C’est donc la fondation qui finance la précampagne, si campagne il y a. Ah ah ! Malin, ce garçon !

Trump, le KKK, les suprémacistes « et en même temps » Zuckerberg… Les bikers à bagouses et cheveux gras, les nazis tondus et le gratin des universités… « Amérique, terre de contrastes », comme disent les voyagistes. Car une fois de plus, une fois encore, le pays de l’Oncle Trump est en tête du classement des universités.

Dans les vingt premières mondiales figurent seize universités américaines, trois universités du Royaume-Uni et une suisse. La première université française, Pierre-et-Marie Curie, est à la 40e place.

Il y a une recette à cela que nous ne sommes pas près d’appliquer : réussite et pognon. En ce domaine (comme en d’autres, hélas), les États-Unis et la France sont aux antipodes. Aux États-Unis, les entreprises qui savent que là se joue leur avenir investissent dans l’école et les universités. Chez nous, le corps enseignant, depuis la maternelle, refuse d’offrir des bras « au capital exploiteur », comme le dit Nathalie Arthaud, « professeur d’économie »… Ici, on prétend que les études sont gratuites. Ce faisant, on accueille chaque rentrée, dans des amphis défoncés et bondés, des hordes de bacheliers dont un bon nombre seront incapables de suivre le moindre cursus. Au nom de l’égalité, on refuse la sélection au mérite, lui préférant désormais l’iniquité du tirage au sort… Là-bas, on s’endette à vie pour payer son diplôme, mais quand on l’a en poche, on est sûr de trouver du boulot en sortant… Ça motive !

Ici, on tue l’entreprise, là-bas, on la glorifie. C’est pourquoi ceux qui ont « l’esprit d’entreprise », à qui le contribuable français a offert quinze ans d’études sans avenir, s’en vont de l’autre côté de l’Atlantique en espérant un jour y devenir un nouveau Zuckerberg.

La morale de l’histoire ? Les Trump et les Macron n’existent pas. Quatre ans à passer, ils auront disparu. Pas Facebook, ni Google… Ce qui existe, c’est un monde coupé en deux, entre ceux qui « savent » et ceux qui, chaque jour, s’en éloignent, allant grossir les rangs des déshérités de la mondialisation heureuse.

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