Editoriaux - Santé - Sciences - Société - 16 octobre 2018

Transgenre par mimétisme ?

Slate a sorti, le 15 octobre 2018, un article : une chercheuse, madame Lisa Littman, de l’université de Brown (l’une des très convoitée Ivy League aux États-Unis d’Amérique), a bravé la bien-pensance LGBT ! Dans une publication validée par le comité de lecture de la revue PLOS ONE et datée du 16 août 2018, elle établit que les adolescents et jeunes adultes qui consultent pour une « dysphorie de genre soudaine »* (c’est-à-dire sans que des antécédents dans leur enfance ne laissent rien présager) se trouvent souvent dans des groupes où d’autres personnes entament la même démarche. Une contagion sociale, une espèce de mode, un mimétisme seraient-ils à l’origine de certains cas ? Il semblerait qu’il s’agisse en plus d’une épidémie : chez les Anglais, le nombre de cas est multiplié par cinq en cinq ans et, dorénavant, il y aurait plus d’occurrences constatées chez des sujets féminins.

Lisa Littman a donc questionné les parents (250 d’entre eux ont constitué l’échantillon).

Elle pointe les réseaux sociaux et la visibilité que confère Internet, sans trancher sur son éventuel impact favorable ou défavorable. Pour cette universitaire, la probabilité de diminuer les faux négatifs (« de genre non diagnostiqués effectivement ») est une bonne chose, mais elle admet qu’existe aussi le risque que des jeunes se déclarent « trans » de façon erronée, aspirant à devenir des faux positifs.

Une demande de traitement hormonal a été formulée par les deux tiers des jeunes ayant indirectement participé à cette étude. Certains effets de ces traitements hormonaux deviennent irréversibles (par exemple, la prise de testostérone chez une femme finit par entraîner sa stérilité). L’évaluation préalable à cet accès semble parfois trop succinct à la très prudente et mesurée Lisa Littman : elle se défend d’établir aucune causalité dans son étude.

Autre effet du mimétisme : l’accueil de la communauté LGBT face à cette publication pourtant soft: ils chassent en meute et dénoncent une pseudo-science et une transphobie ! Ils ont obtenu le réexamen, par le comité de lecture, de la publication et l’université a retiré son communiqué de presse, non sans irriter bon nombre de chercheurs qui réalisent que la liberté de chercher et de publier pourrait être menacée. Ils pétitionnent, de même que les parents ayant participé à l’étude, qui réclament de meilleurs diagnostics et des soins psychologiques préalablement à toute transition. Est-il opportun de rappeler que, chez nombre d’adolescents, le désir de transition finit par passer ?

Dans l’abstract figure une série de pourcentages préoccupants. 22,7 % des jeunes ne font plus confiance aux personnes non transgenre et 25 % cessent de passer du temps avec elles ; 49,4 % s’isolent de leurs familles et, surtout, 46,6 % refusent de considérer comme fiable une information sur la « dysphorie de genre » qui ne serait pas émise par une personne transgenre. J’ignore si des seuils statistiques en matière d’isolement et de monopole d’information ont été définis pour qualifier une dérive sectaire, mais faut-il, sous prétexte que la « dysphorie de genre » est une pathologie connue, écarter a priori l’hypothèse que certains groupuscules se comportent effectivement comme des sectes ?

* Dysphorie : souffrance clinique d’un individu face à la non-conformité du genre ressenti et du sexe physique

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