Traiter le pape de « Judas » est inacceptable

Historienne
 

Il me semble tout à fait légitime de s’interroger sur la prise de position, politique quoi qu’il en prétende, du pape François. Mais il ne serait pas légitime de nier le fait qu’il s’agit du pape, du vrai pape.

Contrairement à ce que pense M. Demassieux, il n’est pas sans précédent qu’un pape agisse au contraire de l’enseignement du Christ ou de l’intérêt des fidèles. Il y a eu des papes hérétiques, dont l’un au moins, faute d’être venu à résipiscence avant son décès, a été radié de la liste des souverains pontifes par un concile général.

Et il est sans doute pire, pour un pape, de prêcher l’hérésie que de prendre des positions politiques aventurées.

Nous n’avons pas non plus le droit de lui attribuer des intentions qui ne seraient pas les siennes. Le traiter de Judas, c’est porter un jugement téméraire sur ses intentions, c’est une injure difficilement acceptable.

Il est évident que l’attitude du pape, tendant à la fin de l’Europe chrétienne, qui fut « la chrétienté », n’est pas en conformité avec le comportement des premiers fidèles, contemporains du Christ : ceux-ci, certes, pratiquaient l’hospitalité envers les étrangers, mais une hospitalité conforme aux exigences de la loi juive, limitant celle-ci à la fourniture des biens nécessaires à la vie pour les « Gentils » et n’accordant la totale hospitalité, celle que réclame le pape François, qu’aux étrangers convertis au judaïsme. Les dons des fidèles étaient réservés aux fidèles, y compris étrangers convertis, et n’avaient pas à être dispersés à l’avantage des « Gentils ».

Forts de cet exemple, nous pouvons donc légitimement nous opposer à la politique préconisée par le pape, surtout si notre pays n’a pas les moyens de l’appliquer.

Certes, si nous en avions les moyens, nous pourrions, à condition de ne pas pressurer nos compatriotes pour obtenir précisément ces moyens, nous montrer plus généreux. Mais cela exigerait d’en avoir les moyens sans fiscalité abusive.

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