Quand le tragique s’immisce en plein débat…

Collaborateur parlementaire belge
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Lorsque le réel s’immisce dans un débat présidentiel du XXIe siècle décadent, le tragique affronte forcément le vaudevillesque. Tandis que les candidats défilaient devant David Pujadas et Léa Salamé, comme des lycéens devant leurs professeurs en fin d’année, un « déséquilibré » (comprenez : un islamiste, fiché S) tuait un policier et en blessait un autre sur les Champs-Élysées.

Instantanément, le nouvel attentat portant le deuil sur la France passait au révélateur la stature d’hommes et de femmes d’État des impétrants. Peu parmi eux, pourtant, semblent en mesure, aujourd’hui, de prendre le problème du terrorisme à bras-le-corps.

Les objurgations du tribun Jean-Luc Mélenchon, la volonté répétée de « désarmer les policiers » du débraillé Philippe Poutou, le vide transformé en programme d’Emmanuel Macron, assortis chez tous de « pensées émues », ne sauraient sortir la France de la situation dans laquelle elle se trouve plongée.

En d’autres termes, la gauche, plus ou moins rouge, plus ou moins sociale, plus ou moins hollandiste, plus ou moins folklorique, n’est pas en mesure de relever le défi identitaire et sécuritaire qui devra être une priorité absolue pour le prochain président de la République. Dimanche, si elle veut continuer à faire flotter son drapeau, la France devra voter à droite.

Pour les gens qui penchent de ce côté-là ou qui pensent terroir, restent Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan, François Fillon, Jean Lassalle et François Asselineau. Les « 15 minutes pour convaincre » n’auront pas fait bouger les lignes.

Les candidats auront néanmoins profité de la tribune qui leur était offerte pour remémorer les grandes lignes de leur programme.

Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan a rappelé que « pour rétablir la sécurité, il faut contrôler [les] frontières nationales ». La patriote Marine Le Pen entend, quant à elle, « s’attaquer à la racine du mal, c’est-à-dire à l’idéologie elle-même qui pullule sur le territoire » et à en terminer « avec le laxisme […] avec courage ».

Le rural Jean Lassalle veut « relancer la diplomatie française qui fut une des meilleures des siècles durant ». Le brillant conférencier mais peu charismatique François Asselineau a réitéré son « engagement formel de sortir la France de l’OTAN ».

Le candidat républicain François Fillon, qui semble avoir (enfin) mis les affaires derrière lui, a appelé à mettre entre parenthèses la campagne et entend « faire de la lutte contre le terrorisme la priorité absolue » au sein d’une « coalition mondiale pour éradiquer les mouvements qui sont à l’origine de cette violence ».

Dimanche, les Français auront à choisir le destin de leur pays. Pour que celui-ci se redresse, il faudra mélanger habilement patriotisme, identité, frontières, souveraineté, territoires oubliés, culture française et liberté d’entreprendre. En d’autres termes, voter à droite. Voter bleu-blanc-rouge.

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