Tour de France : balance ton porc et les miss avec !

Ce gros porc d’Harvey Weinstein était sans doute bien loin d’imaginer que ses turpitudes salaces et ses violences sexuelles seraient la source d’une révolution des mœurs touchant jusqu’au Tour de France. Et pourtant…

La chose, évoquée à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, revient avec les beaux jours sur le tapis : va-t-on supprimer les accortes jeunes femmes qui, à chaque fin d’étape, entourent le vainqueur de sourires éclatants, de déhanchements savants et de minauderies sucrées ? Oui ! s’écrient les féministes, qui voient dans cette exhibition le signe d’un avilissement honteux. Non ! s’exclament les autres, qui pointent là une tradition bien ancrée, symbole de la France éternelle et de ses « p’tites pépées ». Car sous le maillot, comme autrefois sous le béret, sommeille un french lover et sous la robe à volants une french loveuse.…

Ce sont nos voisins anglais qui ont lâché l’information voilà deux mois, assurant que la société organisatrice du Tour de France – Amaury Sport Organisation (ASO) – « réfléchissait » au maintien ou non de ses « hôtesses protocolaires » sur les podiums. On nous dit, aujourd’hui, que le patron d’ASO y serait opposé, d’autant que les demoiselles sont les ambassadrices des partenaires officiels de la grande boucle, portant casaques à leurs couleurs.

Les abolitionnistes de l’esclavage sexiste – il paraît que c’en est un – ont un argument de poids : le Tour de France doit s’aligner sur les autres courses. Ainsi, sur le Tour Down Under d’Australie, ce sont de jeunes coureurs qui remettent les trophées, tout comme aux compétitions de Formule 1, qui feront désormais appel à des enfants. Question : garçonnets ou fillettes ? Nos voisins espagnols ont, quant à eux, interdit la bise finale.

Avouez, quelle tristesse ! « Je trouve ça scandaleux de pouvoir imaginer supprimer les miss », tempêtait Julian Alaphilippe sur À. « Cela fait partie de l’histoire du Tour de France et même de toutes les courses. C’est bien pour elles, pour l’image du cyclisme et des femmes », dit-il.

Mais au fait, elles en pensent quoi, les miss ? Car elles sont volontaires, me semble-t-il. Je ne sache pas qu’on les envoie sur les podiums avec une baïonnette dans le dos ou des boulets aux pieds par-dessus les Louboutin ?

Je sais bien ce qui choque nos néo-puritain.e.s, toutes ces mè.pè.res la vertu qui feignent de vouloir ranger la séduction au placard. Elles/ils prennent les femmes pour des dindes et les hommes pour des dindons de leur farce. La vérité est que ce sont des sot.tes qui ne connaissent rien à l’histoire. À la géographie non plus, d’ailleurs.

Dans la longue histoire des animaux – dont nous sommes –, c’est bien souvent le mâle qui plastronne pour séduire la femelle. Lui qui se pare des plumes les plus chatoyantes, de la crinière la plus ébouriffée. Lui qui fait la danse du croupion ou du ventre. Dans certaines sociétés humaines, les Peuls par exemple, ce sont aussi les hommes qui se parent, se fardent et font leur cirque devant un parterre de jeunes filles hilares qui choisiront, à la fin du spectacle, celui qui a le mieux dériboulé des yeux, agité ses plumes et sauté comme une gazelle.

Aux temps honnis de l’Ancien Régime et même jusqu’au XIXe siècle, nos mâles n’étaient pas non plus en reste. Oublions le Moyen Âge et ses paquets avantageux dans les caleçons, avec rubans sur la braguette, et regardons nos grands en perruques poudrées, les joues fardées et les lèvres peintes. Les rubans, les boucles, les dentelles, les chapeaux… Si ça n’était pas pour séduire, pour quoi était-ce, alors ?

Il faut balancer les porcs, c’est un fait, mais il faut aussi balancer ces nouveaux commissaires de la police des mœurs. L’avenir qu’ils nous préparent est plus acide que le vinaigre !

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