Culture - Discours - Editoriaux - Politique - 5 juillet 2018

Toulouse, son maire, ses adjoints et ses imams …

La cause semble entendue : monsieur Moudenc est un maire de droite élu dans une ville de gauche, et tous de louer son sens politique. Centriste inscrit aux Républicains, il n’hésite pas à soutenir Juppé – le maire de la ville que tout oppose à Toulouse – puis, du bout des lèvres, Fillon, pour enfin ne rien dire de trop.

Deux de ses adjoints rejoignent l’ambigu « amateur de teuf », Emmanuel Macron ? Calme plat au Capitole.

Mais que sa caution juive, Aviv Zonabend, adjoint au maire, se laisse aller dans une émission en hébreu à évoquer « trop d’Arabes » à Toulouse, la voilà bruyamment éjectée.
Sort brutal que ne connaîtra pas un autre adjoint, M. Bolzan, accusé par certains de son propre parti – le Mouvement radical social-libéral, réunion du PRG et du Parti radical valoisien – de tripatouillages électoraux, mais proche d’une profession phare de la ville : les bistroquets.

C’est qu’il faut aller dans le sens du vent… A-t-on vu les subventions municipales versées aux associations culturelles de gauche baisser, la Gay Pride ramenée à sa juste valeur, a-t-on remis en cause le saccage urbain, arrêté la course au million d’habitants ? Que nenni, monsieur le maire est amateur de tennis et suit la baballe, un coup on regarde vers la gauche et un autre vers la droite ; l’important, c’est le tempo.

La vérité est que Jean-Luc Moudenc est souvent un maire de gauche, dans une ville qui fait semblant de l’être. À Boboland, ce qui compte, c’est le paraître ; les agences bancaires de gestion de patrimoine font florès au pays des jeux floraux.

Enfin, cela, c’est pour le centre-ville. Dans les cités se joue une autre partie : les barbus y font la loi, militants salafistes et soldats du Tabligh se jaugent, faisant assaut de prédications visibles et d’actions invisibles. Maghrébins et Orientaux se déchirent sur le califat, partisans de la submersion silencieuse par les ventres et, impatients de la prise de pouvoir politique, s’opposent, mais 40 à 50.000 musulmans vivent leur réislamisation galopante ; Paris valait bien une messe, Toulouse vaut bien une mosquée… ou deux.

À ma gauche, celle de Basso Cambo, avec son imam malien, scientifique du CNRS, prêchant en français, pointilleux sur l’égorgement des ovins, tolérant proclamé, rappelant que les chrétiens sont les agneaux de Dieu, mosquée colossale dont les travaux ont commencé il y a trois ans.

À ma droite, celle d’Empalot, imam algérien ne s’exprimant qu’en arabe, lié au très islamiste ministre des cultes d’Alger, proche des Frères musulmans. Financement provenant d’opérations immobilières opportunes, de contributions du Koweït et de l’Algérie. Travaux précipités : il fallait être la première « grande mosquée de Toulouse », l’algérienne devant ; un abd 1, c’est juste bon à être muezzin !

L’imam Tatai peut être fier : pour l’inauguration, ils sont tous là, le maire de Toulouse, la présidente de région, des élus, des huiles, il y a même Kader Arif ; le préfet a prudemment envoyé son directeur de cabinet. Dans un discours d’autant plus consensuel qu’il n’était pas compris, notre spécialiste de la chasse aux mécréants s’est enorgueilli d’apporter la lumière de la foi.

Et justement, de lumière, il en est question puisque l’innocente construction porte le nom de An-nȗr (al-nour), mais l’éblouissement n’est pas que celui jaillissant du dôme doré sur les milliers de véhicules empruntant la rocade ; il est aussi celui d’une révélation car c’est le titre d’une sourate, qui, dans l’ordre réel, précède celle sur le pèlerinage et la mécréance ; c’est dire son importance.

Et cette lumière islamique parle des femmes et de l’amour : « La fornicatrice et le fornicateur, fouettez-les chacun de cent coups de fouet. » Ou encore : « Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, […] et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines » (sourate 24).

Vous avez dit double langage ?

Notes:

  1. « Abd » signifie à la fois l’esclave et le noir. Parmi les compagnons de Mahomet, il y avait un esclave noir (Bilal) qui avait une voix très forte et servait donc de muezzin, un rôle assez méprisé.
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