Editoriaux - Politique - 9 juillet 2014

A Toulouse, haro sur la prostitution…

Il l’avait promis aux électeurs, il a tenu. Jean Luc Moudenc, président de l’UMP (en déliquescence) de Haute-Garonne, nouveau maire de Toulouse avait promis dans sa campagne électorale de s’attaquer à la prostitution. Depuis lundi 7 Juillet, un arrêté municipale interdit la prostitution dans certains quartiers et à certaines heures (entre 18 heures et 05 heures), sauf dans le quartier de la gare Matabiau où l’arrêté s’impose 24 heures sur 24, parce qu’il y aurait des écoles (comme s’il n’y en avait pas ailleurs).

C’est l’adjoint à la ville, Olivier Arsac, qui a préparé et mis en place cet arrêté. Il faut savoir que Monsieur Arsac est le président de DLR pour la Fédération Haute-Garonne, preuve que Debout La République, malgré ses graves critiques à l’encontre de l’UMP et du PS, peut faire encore bon ménage avec ceux-ci devant la gamelle.

Un arrêté qui ne devrait pas changer grand-chose… tant de ville ont pris de telles mesures sans aucun autre succès que de déplacer la prostitution dans d’autres lieux. L’hypocrisie qui préside aux destinées de la prostitution, depuis Marthe Richard, est aujourd’hui à son comble.

D’un côté, on tolère les travailleuses (ou travailleurs) du sexe, comme on les nomme aujourd’hui. Ils paient des impôts ce qui fait de l’Etat un proxénète, quand le proxénétisme est interdit par les lois !

Dans les pays où les maisons closes sont légales, comme les éros center Allemands, les choses se passent quand même mieux. Loin de moi l’idée de défendre la prostitution, loin de moi la volonté de nier que la violence, la drogue et le banditisme sont les cosnséquences de cette prostitution.

Je veux seulement dénoncer toute l’hypocrisie qui l’entoure. Politiquement, faire plaisir aux riverains qui ont bien voté est la règle, mais cela ne résout rien. Les réseaux de prostituées de l’Europe de l’est ou d’Afrique continueront bien à sévir, mais ailleurs. Il suffit de voir ce qui s’est passé à Paris.

De l’autre, avec les mouvements féministes, on veut éradiquer la prostitution, même contre l’avis de de celles qui font cela volontairement. Aucune chance que cela fonctionne, on invente donc des amendes pour les clients (tiens, on n’en parle plus !). La prostitution, le plus vieux métier du monde, est dérangeante mais impossible à supprimer. Mieux la contrôler, mieux la protéger serait certainement plus efficace.

Alors à Toulouse, l’équipe municipale a ouvert encore une fois le vieux débat sur ce sujet. Les travailleur(se) du sexe manifesteront vendredi devant le Capitole. Cela va être un beau bordel.

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