La révolution fiscale à refaire

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Avocat au barreau de Bordeaux, spécialiste en droit fiscal

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Selon le rapport de l’Institut économique Molinari, les Français vont commencer à travailler pour eux le 29 juillet. De quoi faire blêmir leurs grands ancêtres.

15 juillet 1789. Le jour se lève. Le roi également. La légende veut que le duc de La Rochefoucauld lui ait annoncé la prise de la Bastille. « C’est une révolte ? », aurait demandé Louis XVI. « Non, Sire, ce n’est pas une révolte, c’est une révolution », lui aurait répondu le duc de La Rochefoucauld sur un ton prophétique.

Les causes de la Révolution française sont multiples. Il en est une qui est souvent oubliée alors qu’elle fut de première importance. La Révolution française fut une révolution fiscale. La taille. La gabelle. La dîme. Les corvées. L’adage est connu : « Taillables et corvéables à merci. » Les Français ne voulaient plus de leur système fiscal. Les griefs ne manquaient pas à son encontre. Injuste. Oppressant. Confiscatoire. Pensez donc : en 1789, nos ancêtres travaillaient 18 jours par an pour l’État. Insupportable. Du 1er au 18 janvier. Le lendemain, ils étaient libres. Ils ont donc fait une révolution.

Tout jeté par-dessus bord. Démoli un édifice bâti sur plusieurs siècles.

Le temps s’est écoulé. Plus de deux siècles sont passés. En 2015, les Français travaillent 210 jours par an pour l’État. Pratiquement sept mois. Le poids des impôts et des cotisations sociales atteint désormais 57,5 % du salaire de chaque Français. Ils doivent maintenant attendre le 29 juillet pour être à nouveau libres et commencer à travailler pour eux. Et alors ? Rien. Les campagnes sont calmes. Les villes ne grondent pas. Les contribuables restent muets. Ils paient sans rechigner. Impôt sur le revenu. TVA. CSG. Cotisations sociales. Comme une liste à la Prévert, celle des prélèvements de toute sorte s’égraine sans fin. Et pourtant, point de jacqueries ni de croquants à l’horizon. Poujade, Nicoud et Bloch-Morhange appartiennent au musée du passé. Passé et dépassé.

Le 29 juillet, ce n’est pas le roi qui se lèvera, mais le président de la République. Il ne sera pas à Versailles mais à Paris. Voyant que rien ne se passe, il demandera : « C’est une sieste ? ». « Non, Monsieur le Président », lui répondra son ministre des Finances, « c’est une léthargie ».

Me Thierry Bouclier
Avocat
Avocat au barreau de Bordeaux, spécialiste en droit fiscal

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