26 mai 2016

FN puis FPÖ défaits : le « système » est-il plus fort que le peuple ?

Après la déconvenue essuyée par le FN lors du scrutin des régionales en 2015, la très courte défaite du candidat du FPÖ, à l’élection présidentielle autrichienne, peut laisser penser qu’une victoire à la majorité absolue d’un parti nationaliste en Europe n’est décidément pas pour demain. C’est fort possible car l’Autriche était la meilleure chance à court terme, mais ce n’est pas une raison pour céder au découragement.

Il est tout à fait évident que les partis nationalistes européens ne sont pas confrontés à de simples adversaires politiques, mais à tout un « système ». Un système qui s’est progressivement enraciné dans la société, grâce au contrôle total de tous les rouages qui contribuent à façonner la conscience politique des citoyens : l’Éducation nationale, la presse écrite, les médias audiovisuels, la culture, les syndicats, etc. Un système qui n’aurait jamais dû être remis en cause s’il n’avait été fondé sur de nombreux mensonges et si Internet n’avait pas été là pour les révéler. Quels sont ces mensonges ? Pêle-mêle, on peut en citer cinq :

– L’Europe n’est pas une démocratie mais une ploutocratie ;
– L’Europe n’est pas indépendante mais inféodée aux États-Unis ;
– L’immigration n’est ni une nécessité ni une obligation morale ;
– Le libéralisme proposé en guise de modèle est un faux : c’est un libéralisme à cliquet, qui garantit aux « gros » l‘impunité et sanctionne les « petits » de manière impitoyable ;
– Ceux qui remettent en cause le « système » sont traités comme des fascistes alors qu’ils ne sont que des patriotes.
 
Il est tout aussi évident que le « système » dispose de tous les moyens possibles et imaginables pour se défendre : la loi, la force publique, les médias, la justice, le fisc… l’armée peut-être, aussi. Mais il n’en est pas moins vrai qu’il comporte aussi des faiblesses majeures et que, depuis une dizaine d’années, il essuie revers électoraux sur revers électoraux. Quelles sont-elles ? J’en ai identifié quatre :
 
– Le « système » se croit infaillible, il est donc incapable de tirer les leçons de ses propres erreurs et se trouve donc entraîné inexorablement dans une fuite en avant ;
– Le « système » s’appuie sur une doctrine économique – un libéralisme en mode deux poids deux mesures – qui est suicidaire ;
– Faute d’arguments, le « système » a abandonné le terrain de la raison pour se focaliser sur ceux de la peur et de la haine ; or, l’émotion est une arme à double tranchant ;
– Le mouvement de révolte populaire « anti-système » est mondial.
 
Lorsqu’il s’agit d’alterner entre la gauche et la droite, le temps de la politique est celui d’un, voire deux mandats électoraux. Mais pour accomplir une véritable révolution, il faut une génération au moins entre la prise de conscience par une poignée d’observateurs éclairés et la diffusion de masse des idées nouvelles. Alors, patience…

Commentaires fermés sur FN puis FPÖ défaits : le « système » est-il plus fort que le peuple ?

À lire aussi

Que signifie « système » dans l’expression « anti-système » ?

Qu’est-ce donc que le système ? …