Syrie : qui a invité Oncle Sam ?

Fonctionnaire international
 

L’invasion du territoire syrien par l’armée américaine indique que la stratégie américaine de « regime change » pour la Syrie reste à l’ordre du jour.

La rhétorique de la ligne rouge revient en force dans les médias atlantistes qui couvrent le conflit syrien. Cela n’est pas innocent. L’agence Sputnik rapporte, début avril :

« L’opposition syrienne a annoncé le 4 avril qu’une attaque aux armes chimiques avait fait 80 morts et 200 blessés à Khan Cheikhoun, dans la province d’Idlib, accusant les troupes gouvernementales syriennes d’être à l’origine de la dispersion chimique. Les autorités du pays ont rappelé [… ] que l’arsenal chimique syrien avait été retiré du pays sous le contrôle de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). »

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Comme les massacres de civils émeuvent la nation qui inventa la bombe au phosphore, l’agent orange et la bombe H, les forces américaines ont depuis lors et à plusieurs reprises attaqué des forces syriennes qui luttent pied à pied pour libérer leur territoire national.

À ce stade, des interrogations surgissent : l’armée américaine et Daech auraient-elles les mêmes objectifs de destruction de l’État syrien ? Comment une bande d’égorgeurs défoncés au captagon a-t-elle pu organiser la conquête militaire de deux États ? Qui a fourni les armes et la logistique ? Qui a formé les administrateurs du califat ?

En violation flagrante du droit international, au moins six bases militaires américaines ont été installées sur le territoire syrien.

Cela n’émeut en rien une presse occidentale asservie qui demeure d’une pudeur de violette sur le sujet alors même qu’elle n’observe aucune retenue dans son rôle de propagandiste anti-Bachar. Qui, donc, a invité l’Oncle Sam à violer ainsi l’intégrité territoriale de la Syrie ? Certes pas le gouvernement légal de la Syrie. Nulle motion des Nations unies ne l’autorise.

Il s’agit bien d’opérations illégales menées par un État profond américain qui poursuit placidement son programme de destruction des États de la région. Les bases américaines sont concentrées dans les zones contrôlées par leurs « mandataires » du moment, Kurdes au nord de la Syrie, forces des « Commandos de la Révolution » et autres franchises militantes djihadistes près d’Al Tanf sur la frontière avec l’Irak.

Au nord, les Kurdes seront instrumentalisés pour créer un État indépendant en Syrie ; la Turquie pourra ainsi procéder au nettoyage ethnique de ses populations kurdes de l’intérieur. Les Kurdes maintiendront une déstabilisation régionale que l’empire délinquant espère pouvoir exporter en Iran.

Au sud, une base a été établie à Al-Tanf, visant à empêcher les armées irakiennes et syriennes, qui défont Daech sur le terrain, d’opérer leur jonction. Il faut briser l’arc chiite Iran-Irak-Hezbollah au nom d’Israël… Vu de Washington, il est surtout essentiel de maintenir, via des « mandataires » djihadistes, un Sunnistan hostile au projet de nouvelle route de la soie (de Shangaï à Lattaquié) impulsé par Pékin avec l’appui de l’Iran et de la Russie.

De nouvelles provocations sont prévisibles, qui justifieront une intervention des États-Unis et de leurs mandataires kurdes et djihadistes sur le territoire syrien.

Il est grand temps que la Mésopotamie se libère de la présence des troupes d’invasion de cet État voyou… en attendant l’Europe.

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