Ces syndicats qui perdent leur latin

Professeur de philosophie
 

Le Conseil supérieur de l’enseignement (CSE) est un organisme consultatif regroupant l’ensemble des acteurs du système éducatif : syndicats d’enseignants, d’étudiants et de lycéens, représentants des parents, des entreprises, etc. C’est lors de sa réunion du 8 juin que M. Blanquer a présenté les deux projets d’arrêté permettant la modification des rythmes scolaires dans le primaire et les aménagements à la réforme du collège pour permettre le retour des langues anciennes et sixièmes bilangues. La presse s’est fait l’écho du rejet, par le CSE, de ces deux projets. Lors de la discussion du deuxième texte, on a pu constater que parler « des » syndicats enseignants en général n’a pas grand sens.

Le projet d’arrêté rétablit la possibilité, pour les collèges, de proposer un enseignement optionnel de latin à raison d’une heure en 5e et de trois heures en 4e et 3e. Le SNALC-FGAF (2e syndicat du secondaire) a proposé un amendement portant l’horaire de 5e à deux heures hebdomadaires.

Tous les autres syndicats ont voté contre ou se sont abstenus. Mieux encore : le SGEN-CFDT a carrément proposé la suppression du latin en collège. Rassurez-vous, aucun de ces amendements n’a été retenu.
Le plus étonnant, dans cette histoire, c’est qu’il y a des professeurs de lettres classiques qui voteront encore pour ces syndicats prônant le moins-disant culturel sous prétexte d’égalité.

Si les enseignants peuvent contrer ce nivellement par le bas en ne soutenant pas ces syndicats, les parents peuvent aussi le faire. Profitez du retour de l’option latin pour y inscrire massivement vos enfants. Plus il y aura d’élèves demandant à suivre cet enseignement, moins les fossoyeurs de la culture antique pourront se faire entendre. Et soyez sûrs que vos enfants en tireront profit : meilleures compréhension et maîtrise du français, découverte d’une culture à la racine de notre civilisation, apprentissage de la rigueur. Sans compter que omnia dicta fortiora si dicta Latina.

Pour défendre la liberté d'expression,
je soutiens Boulevard Voltaire en faisant un don.

À LIRE SUR BOULEVARD VOLTAIRE