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Supporters turcs à Lyon : hooligans ou djihadistes ?

Militant associatif et auteur

Fondateur de Riposte Laïque

 

En 48 heures, deux matches de football de coupes européennes n’ont pu commencer à l’heure prévue. À Dortmund, il a fallu repousser la rencontre contre Monaco de 24 heures, suite à l’explosion de trois bombes à proximité du car de l’équipe locale, blessant un joueur et un policier. L’État islamique a revendiqué l’attentat, ainsi qu’un groupe gauchiste.

Ce jeudi, dans la capitale des Gaules, le coup d’envoi du match Lyon-Beşiktaş a été retardé de 45 minutes. Des centaines de supporters lyonnais ont dû se réfugier sur la pelouse pour échapper aux bombardements de gros pétards et autres projectiles balancés par les visiteurs. Il y avait, pour ce match, 20.000 supporters turcs, dont les plus violents d’entre eux ont multiplié les actes de vandalisme et les agressions sur les supporters lyonnais. La boutique officielle du club rhodanien a été entièrement vandalisée.

L’ensemble de la presse évoque les hooligans, et renvoie dos à dos les supporters des deux équipes. Pourtant, lorsque d’autres clubs européens viennent jouer à Lyon, il ne se passe pas de tels événements.

Des journalistes curieux se poseraient les bonnes questions. Combien de ces 20.000 supporters vivaient-ils en France, et combien venaient de Turquie ? Et ces supporters se sont-ils comportés en hooligans ou en djihadistes ?

Question incongrue ? Dans le contexte du référendum d’Erdoğan du 16 avril, visant à lui accorder les pleins pouvoirs, ces violences n’ont-elles aucun rapport avec les propos fort menaçants du dictateur ?

« Le peuple turc va bientôt demander des comptes pour tout ce qu’il a subi. Si vous continuez de vous comporter de cette manière, demain, aucun Européen, aucun Occidental ne pourra plus faire un pas en sécurité, avec sérénité dans la rue, nulle part dans le monde. »

Faut-il rappeler que, lors de ses meetings en France, le leader islamiste turc avait encouragé ses compatriotes vivant en Europe à ne surtout pas s’assimiler, à faire cinq enfants par famille, à continuer à se comporter en musulmans et à utiliser la double nationalité pour peser, lors des votes, sur les autorités de leur pays d’accueil.

Celui que les candides ont longtemps présenté comme un musulman modéré est célèbre pour cette phrase : « Les minarets sont nos baïonnettes, les coupoles nos casques, les mosquées nos casernes et les croyants nos soldats. »

Comment ne pas assimiler les actes de violence commis hier à un djihad qui peut prendre plusieurs formes, en fonction du rapport de force du moment. Cela commence par l’islamisation lente d’un pays (revendications communautaristes, voiles, mosquées, halal, etc.) et se poursuit par des émeutes récurrentes ou des attentats, visant à terroriser les populations locales et à les soumettre à la loi des soldats d’Allah. Mais il y a une finalité qui guide cette conquête : le grand califat, aboli par Mustafa Kemal en 1923, et qu’Erdoğan rêve de remettre en place – sous sa direction, bien sûr.

Hier, les « soldats » d’Erdoğan avaient revêtu l’uniforme de supporters de football d’un match de coupe d’Europe, avec les résultats qu’on a vus. On souhaite bien du plaisir aux Lyonnais pour le match retour, dans 15 jours.

Le gouvernement français va-t-il monter au créneau pour soutenir les Rhodaniens et exiger des sanctions contre les Turcs ? En pleine période électorale, alors que la chasse au vote musulman bat son plein, et que Hollande-Cazeneuve autorisent l’UOIF, émanation des Frères musulmans, à tenir son rassemblement au Bourget, durant le week-end de Pâques, il ne faut pas rêver.

Mais, au fait, pourquoi les clubs turcs disputent-ils les coupes d’Europe ?

Fondateur de Riposte Laïque

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